Celle qui portait des brassières.

Celle qui portait des brassières.

501
21

Elle me l’a dit comme ça, mi détachée-mi fière :
« Tu sais Marie, maintenant, je porte des brassières. »

Sur le coup, comme j’étais un peu occupée, je n’ai pas trop relevé.
C’est après que j’y ai pensé.

C’est vrai que j’avais bien remarqué son corps qui commençait à changer.
De plus en plus souvent, la porte de la salle de bains était fermée.
Moi-même, j’hésitais à y entrer et me suis mise à frapper.

De tous petits changements à peine perceptibles mais qui annoncent l’arrivée
d’une période un peu différente et compliquée
et surtout, qui fera disparaitre la petite fille que l’on connaissait.

Une porte qui claque, des soupirs plus réguliers
Davantage de responsabilités et de liberté.

En tant que belle-mère, je redoute cette période, vraiment.
Parce qu’elle va sûrement amener des questionnements: puberté, sexualité…
Même si je n’ai aucun tabou pour en parler, je ne suis pas sûre
d’avoir le droit de m’en mêler.
Et surtout, d’avoir les même opinions que sa mère sur le sujet.

Parce que je pense à l’adolescente que j’étais, il n’y a pas si longtemps
(ou presque, laissez-moi rêver)
et je ne me sens pas encore prête à endosser tant de responsabilités.
Moi qui dans quelques semaines, vais accueillir un tout petit bébé.

Hier, je rencontrais une petite fille de 4 ans, qui dansait sur « couleur café »,
aimait les jupes qui tournent et allait à la maternelle.

Aujourd’hui, elle dit que ses amis ont un téléphone :
« tu vois, avec Instagram et Snapchat, je sais pas si tu connais ? ».

Même qu’elle ne veut pas dire qu’elle aime beaucoup
les Legos friends pour ne pas se faire traiter de bébé.
Elle joue encore au restaurant et à la maîtresse avec ses frères.

Elle nous a confié qu’elle se sent parfois un peu bébé par rapport aux autres
et que ce n’est pas facile de ne pas savoir où se situer.
On lui a répondu qu’elle n’avait même pas encore onze ans et qu’elle avait bien le temps.

Elle sera toujours l’ainée, celle qui devra ouvrir la voie et je sais qu’elle n’aime pas cela.

Les prochaines années risquent d’être éprouvantes pour elle, pour nous un peu aussi qui le vivront d’un peu plus loin sûrement que sa maman mais cela n’en sera que plus frustrant.

J’espère que dans cette tempête, elle verra toujours notre maison comme un refuge doux et rassurant.

Et vous, vous vivez cela comment ?

Crédit photo: Papam

21 commentaires

  1. Ma nièce va avoir 10ans cet été, physiquement c’est des petits changements, et surtout « j’ai les titis qui poussent Tata »…
    Elle se pose des questions, mais n’a malheureusement pas une mère assez présente pour y répondre. Elle m’en demande beaucoup, je suis là autant que je peux… J’ai détesté cette période si difficile alors je fais le max.
    Courage

  2. Ma fille est comme Dot’s, elle a du mal à se situer entre les jeux de petits qui lui plaisent encore et le côté ado. Comme elle est de fin d’année, elle est la plus jeune de sa classe et ça se ressent.
    Je ne sais pas quelles questions Dot’s osera te poser mais Chupa me pose toutes les questions qui lui passent par la tête, même les plus indiscrètes

    • C’est compliqué je trouve la pression qu’ils se mettent entre eux à cet âge-là.
      Je pense que sa maman doit répondre à pas mal de ses questions car elle m’en pose peu.
      Mais elle a une personnalité assez réservée donc peut-être n’ose-t-elle pas.
      Les garçons sont beaucoup plus bavards sur le sujet et nous font bien rigoler.
      Ils attendent d’avoir de la barbe comme leur papa !

  3. Bin nous on est en plein dedans et depuis plusieurs années maintenant (ma belle fille vient d avoir 17 ans) et elle vit chez sa maman depuis quelques années maintenant et c’est pas facile … faut dire que niveau communication sa mère c’est pas top voir quasi inexistant alors galère …

  4. Mon grand vient d’avoir 10 ans (hier) et c’est le début de l’adolescence aussi… Les gros mots, les rires de baleine, les « j’y vais m’am »devant l’école… À la maison, il se fâche vite après ses frères et sœur et puis après s’effondre en sanglots dans les bras… Il me pose des questions sur la sexualité pour après dire beurk… Ce n’est pas une période facile qui vient de commencer…

    • Non ce n’est pas facile et je trouve qu’on a peur d’être maladroit, de ne pas dire ce qu’il faut.
      De trop ou mal les préparer…
      Joyeux anniversaire à ton grand.
      Je vous souhaite que cette période soit la plus douce possible…

  5. bouhhhh moi j’y pense des fois mais ma fille ne va que sur ses 5 ans, ou pltôt déjà, car en fait on voit rien passer.
    en tant que belle mère, je parle donc de toi, c’est vrai que là ça devient un peu plus délicat….

  6. J’ai de la chance, je débute avec un garçon, Et c’est nettement plus facile je pense. Certains n’aiment pas voir leur bébé grandir, moi Ca ne me dérange pas. J’aime ces étapes de leur vie, Et je m’efforce de rendre Ca moins compliqué…parce que ça l’est toujours. On plaisante beaucoup, parce que par le rire on peut faire passer plein de choses. Et j’espère que cette période va bien se passer…

    • Je suis comme toi, j’aime voir les enfants grandir (parce qu’ils deviennent autonomes , yesss !). En effet, je pense que c’est peut-être plus simple avec un garçon, quoi que, tout dépend sûrement de la personnalité … Il faut en rire en effet, cela sauve tout !

  7. En plein dedans ici puisque les 2 garçons de monsieur ont 12 et 14 ans. Le grand n’est pas trop ado dans son comportement (ne souffle pas, tout ça), la communication avec son papa n’est pas toujours facile, il est assez réservé en fait (en vrai il me fait beaucoup penser à l’ado que j’étais).
    Le deuxième par contre, c’est beaucoup les yeux levés au ciel, tendance à répondre, ne supporte aucune remarque, a tendance à jouer au chef avec son frère, a toujours des excuses pour tout, … Bref, ça s’annonce pas facile…
    Et je les ai connu déjà « grands », je trouve que la relation est plus difficile à construire qu’avec un petit enfant …

    • Je pense aussi que c’est plus difficile. En tout cas, en tant qu’enfant, cela a mis beaucoup de temps de construire avec ma belle-mère car j’étais ado (et très chiante).
      Alors qu’en rencontrant les enfants de Papam tous petits, ils sont habitués à moi. Mais ce sont d’autres problématiques du coup parce qu’on doit gérer des tous petits…
      Bon courage, un jour ça passe et le calme revient (ou presque).

  8. J’imagine que ça doit te tracasser un peu en effet, surtout que tu es sur le point de renouer avec un tout petit (et que comme tu dis, tu ne sais pas trop comment tu peux t’impliquer avec ta belle fille sans aller trop loin)… J’espère qu’elle te verra comme une personne de confiance, en tous le cas, ça sera plus facile pour toi (et puis discuter avec son papa quand on a 11 ans, oh mon dieu, que c’est dur…). Mon aînée va avoir 10 ans et je sens bien qu’on arrive à une nouvelle étape. Bon courage pour gérer le grand écart entre le bébé à venir et la future ado (en espérant que son papa t’aidera à voir comment tu peux être présente à ta façon).

  9. Je trouve ça chouette qu’elle te fasse suffisamment confiance pour en parler si naturellement. Après, par contre, ta position à toi par rapport à sa mère à elle, je pense en effet que ça ne doit pas être simple de savoir où se situer et jusqu’ou aller 🙂

  10. oh tu sais en te lisant, je me disais et bien c’est pas mal que j’ai un beau-fils car je n’aurai peut-être su me situer non plus; bon après j’ai vécu ça avec ma grande . Sujet difficile aussi par pudeur mais une fois que le dialogue a commencé ça vient tout seul 🙂 bises

Laisser un commentaire