Comment tu fais pour les supporter ?

Comment tu fais pour les supporter ?

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« Ce n’est pas trop pénible à certains moments ? »
« Comment tu fais pour toujours supporter tes beaux-enfants ? »
« T’en as pas marre des fois de gérer 3 enfants ? »

Ce sont des questions que l’on me pose souvent et auxquelles je n’aime pas répondre.
Je trouve cela un peu intrusif et déplacé.

Est-ce que je demande à certains s’ils ne trouvent pas leurs enfants un peu chiants?
Allez c’est vrai, parfois, vous aussi vous avez envie de laisser vos mômes pour un après-midi de liberté.
Ce n’est pas vrai ?

Je n’aime pas qu’on me demande cela, sûrement parce que cela appuie là où ça fait mal.
Ce sont des réflexions que je ne m’autorise pas.
Des questions que je ne veux pas me poser sinon, il ne faut pas se leurrer, parfois, je ne parviendrais pas à continuer.

Bien sur que parfois, ils m’agacent vraiment.

J’ai beau les aimer très fort, je n’aurais jamais ce truc viscéral avec eux qu’ont ceux qui les élèvent au quotidien.
Et même là encore, ce n’est pas toujours si évident.
Attention, je fais la distinction avec le mot « parent » parce que pour moi, il n’est pas là qu’une question de liens de sang.

Ils sont souvent loin, ils ont parfois des attitudes, des réflexions qui me dépassent et qui ne collent pas avec ma vision des choses.
Plus ils grandissent plus cela sera amplifié, je le sais.
J’essaie de m’y préparer.

Je suis dure parfois avec eux, parce que je leur en veux de rendre notre vie si compliquée.
Je prends très fort sur moi, j’essaie de voir le bon côté.
Papam est là comme garde fou pour me calmer et temporiser.
Mais c’est vrai qu’il y a des périodes où j’ai plus de mal à accepter notre statut de famille recomposée.

Parfois j’aimerais que le quotidien soit plus léger, ne pas avoir un planning et des vacances décidés par une tierce personne.
J’ai envie qu’on soit tous les trois, j’ai envie de mon Papam rien qu’à moi sans tous ces enfants autour de nous et la logistique que cela peut engendrer.
Je ne souhaite pas le nier mais ça servirait à quoi de le ressasser ?
Cela ne ferait que nous empêcher d’avancer.

J’ai choisi de tenter de partager au maximum les bons côtés.

C’est vrai, c’est dur, souvent,
mais c’est beau aussi, comme la vie non ?

Ces enfants m’ont fait grandir, ils me font rire,
ils ont fait de moi quelqu’un que je ne soupçonnais pas.
Ils font de ma famille, une famille nombreuse.
Ils sont les enfants de l’homme que j’aime et le voir dans ce rôle m’a assuré qu’il serait un père (presque) parfait.
Ils sont un bout de mon histoire et de ma famille si compliquée.

Parfois, je m’arrête, je les regarde jouer avec leur petit frère.
J’écoute ce qu’ils peuvent se raconter.
Je pense à combien je me suis souvent sentie seule quand j’étais enfant et je me dis, j’espère, qu’eux, ne le seront jamais.
Qu’on fera tout pour qu’ils soient la tribu soudée qu’on a imaginé.

C’est vrai, souvent on en chie, on est fatigués.
En plus, on remet ça une quatrième fois faut être un peu insensé.
– on l’aura bien cherché-

Je passe souvent beaucoup de temps à crier, à leur courir après pour un slip qui traine et une table pas débarrassée mais au fond, je crois que j’aime cela.

Chez nous, il y a des tas de moments de joie.

Il y a ces repas où l’on ne s’entend pas parce que :
« Camille, tu veux pas une boule vanille ? » , chanté à tue-tête.
Il y a des galipettes dans le salon et des ballons qui s’envolent.
Il y a le chat qui nous regarde en se demandant où il pourrait se réfugier.
Il y a les devoirs sur un coin de table et Papam qui répare un bras de Playmobil.
Il y a le repas jamais prêt au bon moment et de la vaisselle plein l’évier.

Ce ne sont pas les miens et parfois, c’est vrai, j’ai du mal à les supporter.
Petit Colis aussi remarque, j’aimerais bien le prêter de temps en temps,
et pourtant, c’est le mien tu sais.
Mais j’ai pris l’ensemble, quand j’ai choisi mon mari.
Il était livré avec deux petits paquets que je ne pouvais pas ignorer.

Je ne veux pas qu’on me voit comme une belle-mère courage, je ne veux pas de pitié ou de compassion.
Je me fiche du mépris, j’ai appris à ne plus le voir.

J’ai choisi cette vie.
Contrairement à beaucoup qui auront de bien plus difficiles épreuves à surmonter,
je savais (à peu près) où je mettais les pieds.

Le chemin est sinueux mais il aurait été dommage de ne pas l’emprunter.

Un jour, dans pas si longtemps, ils seront grands et c’est sûr, je regretterai tous ces moments.

Et vous, vous le vivez comment ?

26 commentaires

  1. J’adore ta vision des choses et oui, tu as raison, on a parfois nous aussi du mal à supportes ses enfants! C’est évident, un enfant peut être très très pénible et des fois, je rêve d’un peu de tranquillité. Mais le ressasser ne sert à rien, comme tu le dis si justement, il ne faut pas se poser ce genre de questions! tu as choisi ton homme avec une histoire bien à lui et des enfants, c’est ainsi, ça fait partie de votre vie à tous les deux et tu m’as l’air de le vivre très sereinement.

    • Merci beaucoup ! Je crois qu’on rêve tous de tranquillité de temps en temps (et puis ils nous manquent, va comprendre..)

  2. bonjour et effectivement ses mots résonnent aussi en moi, dans la même situation que toi sauf que je ne suis pas enceinte et mon mari ne veut pas trop d’un 4eme enfant. donc je suis bien contente que ma fille ait deux grandes sœurs du coup.
    c’est tellement vrai et déplacé je trouve aussi, les gens qui te demandent ça et nous qui ne nous disons que c’est notre vie de toutes façons, on n’a pas le choix.
    moi, enfant de divorcé aussi, je me dis quand c’est dur, que ses enfants n’ont rien demandés à personne donc qu’il faut faire au mieux. on fait au mieux…
    c’est vrai qu’ils rendent le quotidien plus compliqué quand ils sont là mais je pense aussi qu’on les regrettera quand on se retrouvera qu’avec le ou les nôtres. tu crois qu’eux nous regretteront??

  3. Je me demande si je pourrais supporter les enfants d’une autre. J’ai déjà du mal à supporter certains enfants pour quelques heures … je pense que parfois je décompterai les jours avant leur départ.
    Avec mes propres enfants, parfois, un break est bénéfique également. La preuve avec mon coolégien.

  4. Ton texte est, encore une fois, trop joli.
    C’est pas simple tout ça, mais vous faites au mieux, et c’est bien là l’essentiel. L’amour uni tout ça, et ça donne un joli mélange !
    Il n’y a pas de parents parfaits, et le reconnaitre c’est déjà une très grande qualité. Encore plein d’années de bonheur tous ensemble, tous les 5 et demi !

  5. J’aime tes mots d’une grande sincérité. Je pense comme toi, qu’à partir du moment où on fait le choix de vivre avec un autre, on le fait pleinement en assumant le bon mais aussi le moins bon. Il n’y a pas de questions à se poser, on fait, du mieux qu’on peux, mais on fait quoi qu’il arrive. Moi c’est le chien que j’ai dû prendre avec l’amoureux ^^(un peu moins encombrant que des enfants, tout de même !). Alors même que je le maudis tous les jours de me donner 10 fois plus de travail et de laisser des poils partout 🙂

  6. C’est un peu rassurant de voir que l’on n’est pas seule à parfois penser que ce serait plus simple juste à deux… Je me demande parfois si j’ai fait le bon choix, mais quand je vois les filles de mon amoureux me faire des câlins, prendre en compte mon avis, me donner une vraie place en fait, je ne regrette absolument pas. Par contre, je crains le jour où nous aurons un enfant, j’ai trop peur de faire des différences et les faire souffrir, surtout que mon amoureux me trouve déjà parfois dure avec elles… En tout cas, merci de partager tes réflexions, ça aide les belle-mams en formation 😉

    • Enfants ou pas, on se demandera toujours si on a fait le bon choix. Parfois, il vaut mieux ne pas se demander et juste profiter ! Merci à toi !

  7. Tu mets des mots sur tout les maux des belle mam… Je n’ai pas trop de soucis avec les deux grands qui sont ados et sont super bien élevés et qui m’aident beaucoup quand on est tous les 6. J’ai plus de mal avec la dernière qui a le même age que mon fils mais je fais tout pour me contenir et ne pas le montrer même si je sais qu’elle aussi a du mal avec mes exigences car je suis plus dure que sa maman et que chez nous elle n’est pas l’ainée et a du mal a ne pas vouloir tout régenter surtout avec mon fils qui est somme toute une bonne pate mais il tend a se défendre de plus en plus…
    Je sais que quand un enfant de nous viendra compléter le tableau, tout sera à remettre en place mais j’ai même pas peur (ou presque) 😉

    • Oui, chaque nouvel enfant force tout le monde à retrouver une place mais c’est un grand bonheur. Pas évident en effet pour les enfants également de s’adapter à nos exigences qui peuvent beaucoup varier d’une maison à l’autre..

  8. Joli article, qui parle aussi à la belle maman que je suis… Ma situation étant un peu différente puisque je n’ai pas d’enfants « à moi » (n’en ai jamais voulu et n’en veux pas) et que nous avons les enfants une semaine sur deux. Ce qui implique d’autres contraintes, notamment sur le lieu de vie (les enfants doivent pouvoir prendre le bus pour aller au collège, donc forcément même zone que leur maman) mais bon comme tu le dis si bien, c’est un tout, donc on fait avec, et parfois c’est plus dur …

    • Oui, parfois c’est plus difficile et c’est compliqué je trouve de pouvoir l’exprimer et en parler sans culpabiliser.

  9. C’est effectivement ça. …des moments de hauts et de bas….d’autant plus compliqué quand on est pas soi même maman….encore plus juste après une fausse couche….
    La vie s’acharne certaines fois…

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