img_1178

« Ce n’est pas trop pénible à certains moments ? »
« Comment tu fais pour toujours supporter tes beaux-enfants ? »
« T’en as pas marre des fois de gérer 3 enfants ? »

Ce sont des questions que l’on me pose souvent et auxquelles je n’aime pas répondre.
Je trouve cela un peu intrusif et déplacé.

Est-ce que je demande à certains s’ils ne trouvent pas leurs enfants un peu chiants?
Allez c’est vrai, parfois, vous aussi vous avez envie de laisser vos mômes pour un après-midi de liberté.
Ce n’est pas vrai ?

Je n’aime pas qu’on me demande cela, sûrement parce que cela appuie là où ça fait mal.
Ce sont des réflexions que je ne m’autorise pas.
Des questions que je ne veux pas me poser sinon, il ne faut pas se leurrer, parfois, je ne parviendrais pas à continuer.

Bien sur que parfois, ils m’agacent vraiment.

J’ai beau les aimer très fort, je n’aurais jamais ce truc viscéral avec eux qu’ont ceux qui les élèvent au quotidien.
Et même là encore, ce n’est pas toujours si évident.
Attention, je fais la distinction avec le mot « parent » parce que pour moi, il n’est pas là qu’une question de liens de sang.

Ils sont souvent loin, ils ont parfois des attitudes, des réflexions qui me dépassent et qui ne collent pas avec ma vision des choses.
Plus ils grandissent plus cela sera amplifié, je le sais.
J’essaie de m’y préparer.

Je suis dure parfois avec eux, parce que je leur en veux de rendre notre vie si compliquée.
Je prends très fort sur moi, j’essaie de voir le bon côté.
Papam est là comme garde fou pour me calmer et temporiser.
Mais c’est vrai qu’il y a des périodes où j’ai plus de mal à accepter notre statut de famille recomposée.

Parfois j’aimerais que le quotidien soit plus léger, ne pas avoir un planning et des vacances décidés par une tierce personne.
J’ai envie qu’on soit tous les trois, j’ai envie de mon Papam rien qu’à moi sans tous ces enfants autour de nous et la logistique que cela peut engendrer.
Je ne souhaite pas le nier mais ça servirait à quoi de le ressasser ?
Cela ne ferait que nous empêcher d’avancer.

J’ai choisi de tenter de partager au maximum les bons côtés.

C’est vrai, c’est dur, souvent,
mais c’est beau aussi, comme la vie non ?

Ces enfants m’ont fait grandir, ils me font rire,
ils ont fait de moi quelqu’un que je ne soupçonnais pas.
Ils font de ma famille, une famille nombreuse.
Ils sont les enfants de l’homme que j’aime et le voir dans ce rôle m’a assuré qu’il serait un père (presque) parfait.
Ils sont un bout de mon histoire et de ma famille si compliquée.

Parfois, je m’arrête, je les regarde jouer avec leur petit frère.
J’écoute ce qu’ils peuvent se raconter.
Je pense à combien je me suis souvent sentie seule quand j’étais enfant et je me dis, j’espère, qu’eux, ne le seront jamais.
Qu’on fera tout pour qu’ils soient la tribu soudée qu’on a imaginé.

C’est vrai, souvent on en chie, on est fatigués.
En plus, on remet ça une quatrième fois faut être un peu insensé.
– on l’aura bien cherché-

Je passe souvent beaucoup de temps à crier, à leur courir après pour un slip qui traine et une table pas débarrassée mais au fond, je crois que j’aime cela.

Chez nous, il y a des tas de moments de joie.

Il y a ces repas où l’on ne s’entend pas parce que :
« Camille, tu veux pas une boule vanille ? » , chanté à tue-tête.
Il y a des galipettes dans le salon et des ballons qui s’envolent.
Il y a le chat qui nous regarde en se demandant où il pourrait se réfugier.
Il y a les devoirs sur un coin de table et Papam qui répare un bras de Playmobil.
Il y a le repas jamais prêt au bon moment et de la vaisselle plein l’évier.

Ce ne sont pas les miens et parfois, c’est vrai, j’ai du mal à les supporter.
Petit Colis aussi remarque, j’aimerais bien le prêter de temps en temps,
et pourtant, c’est le mien tu sais.
Mais j’ai pris l’ensemble, quand j’ai choisi mon mari.
Il était livré avec deux petits paquets que je ne pouvais pas ignorer.

Je ne veux pas qu’on me voit comme une belle-mère courage, je ne veux pas de pitié ou de compassion.
Je me fiche du mépris, j’ai appris à ne plus le voir.

J’ai choisi cette vie.
Contrairement à beaucoup qui auront de bien plus difficiles épreuves à surmonter,
je savais (à peu près) où je mettais les pieds.

Le chemin est sinueux mais il aurait été dommage de ne pas l’emprunter.

Un jour, dans pas si longtemps, ils seront grands et c’est sûr, je regretterai tous ces moments.

Et vous, vous le vivez comment ?