Dans notre famille, il y a beaucoup de séparations et de retrouvailles.

Tous ces moments sont des rendez-vous que l’on se donne, des habitudes que l’on prend
et des rituels qui se créent.
Un peu malgré nous, un peu au gré des trajets à parcourir et des week-ends programmés.

C’est Papam qui assure la logistique.
D’abord parce que pendant des années je ne souhaitais pas la rencontrer.
Ensuite parce que j’estime que ce n’est pas mon rôle de m’en charger.

Ces rencontres sont les seuls moments où ils peuvent se voir physiquement et échanger sur les enfants.
De façon informelle, sur des petites choses du quotidien.
C’est aussi l’occasion pour les enfants de voir leurs parents réunis.
Je crois que pour eux, cela ne peut qu’être bénéfique puisque c’est leur montrer qu’ils sont aptes à échanger simplement.
Quoi de mieux que leurs deux parents rassemblés pour se réjouir de leurs réussites et leur dire quand les choses ne vont pas ?

Je trouve qu’ils échangent peu en général sur les enfants et rares sont les fois où nous nous sommes rassemblés pour discuter.
Au début, j’avais beaucoup de mal avec ce fonctionnement qui selon moi, ne pouvait qu’amener conflit et non-dits.
Avec les années, j’ai appris à moins m’en mêler et à l’accepter.

Pour moi, ces moments-là sont aussi l’occasion de demander à Papam de faire passer certains messages:
« Tu pourras lui dire de l’emmener chez le coiffeur! Et de penser aux vaccins !
Il faut des bottes pour dimanche prochain ! »
Choses qui, je sais, risquent de créer des tensions, parce que cela ressemble vite à une liste d’accusations.
Mais comment faire passer les messages autrement ?
D’ailleurs, une fois sur deux, il oublie et je me retrouve à pester.

Longtemps, j’attendais son retour comme le moment où j’aurais des réponses sur des sujets qu’auraient évoqués les enfants, des problèmes que nous avions pu rencontrer et les solutions que l’on pouvait y apporter.
Trop souvent déçue par une vague explication, j’ai fini par me résigner ou demander moi-même à l’Ex quand je la voyais.

Au fil du temps, de la naissance de mes enfants, et des années qu’ils ont pris, ces moments ont beaucoup évolués.

D’abord parce qu’au départ, les enfants de mon mari étaient tous petits.
Lop’s n’avait même pas deux ans.
Ils n’étaient pas vraiment en capacité de nous expliquer où de nous raconter, il fallait alors beaucoup dialoguer.

Papam allait les récupérer chez leur maman et il y passait parfois de longs moments afin que la transition se fasse en douceur.
Passer de chez maman à chez papa peut s’avérer compliqué pour de tous petits enfants et c’est important de le considérer.

Cela m’agaçait beaucoup lorsque je l’ai rencontré et je reconnais que j’avais du mal à ne pas paniquer.
Il lui arrivait même de rester parfois dîner.
Il le faisait pour ses enfants, je sais aujourd’hui que c’était important, mais qu’est-ce que j’avais du mal à l’accepter.

Ils ont grandit et sont maintenant capables de nous raconter eux-mêmes leur semaine,
de transmettre certains messages et n’ont plus vraiment besoin de temps de transition.
Et ça me réjouit, je ne devrais peut-être pas l’ajouter.

Aujourd’hui, il y a le vendredi soir, souvent à la gare.
La maman des grands nous dépose les enfants.
Plus rarement, elle vient jusqu’à la maison.
Pour le départ, ils se donnent rendez-vous le dimanche soir, toujours à la gare.

Maintenant, c’est plutôt leur petit frère que l’on prépare à ces moments qu’il vit souvent très difficilement.
Alors, il arrive souvent que le dimanche soir, Papam l’emmène avec lui.
Les enfants prennent le temps de lui expliquer quand ils reviendront.
Il voit leur maman et visualise la situation ce qui l’aide à moins se sentir abandonné.
Étrangement, moi qui suis plutôt mère-louve, je n’ai aucun problème à ce que mon fils voit l’Ex.
Il la salue, discute avec elle et lui a même trouvé un petit surnom.

Et ce que je sais c’est que bientôt, plus vite que nous l’imaginons, c’est seuls que les enfants arriveront et de moins en moins souvent puisqu’ils deviendront grands.

Il n’y aura plus de message à faire passer et plus de rendez-vous à la gare le vendredi soir.
Et alors que j’aurai trouvé ça pénible pendant des années de voir nos weekends régis par ces rendez-vous imposés.
Je sais qu’il y a des chances que cela puisse me manquer.

Et vous, vous me racontez comment se passent ces moments chez vous ?