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Est-ce si simple de devenir belle-mère ?

C’est une question que l’on m’a posé et cela m’a désarçonnée.

Je me suis demandée si c’était une vraie question ou si je renvoyais une image de facilité ?

Alors je me suis interrogée et ma première réaction a été de répondre : « Non ».

Ce n’est pas simple de devenir belle-mère, c’est même une sacrée galère.

Personne ne te dis jamais qu’un jour, cela pourrait t’arriver, en tout cas, pas quand tu as une vingtaine d’année.
C’est une situation tellement inattendue.

C’est dur, c’est vrai et même si j’ai beau jeu aujourd’hui de jouer à la jolie famille recomposée, je n’oublie jamais que j’ai bien ramé.

Cela m’a demandé beaucoup de sacrifices et je l’ai vécu comme une vraie épreuve à surmonter.

Sans doute parce que je suis une personne sensible et angoissée.
Peut-être aussi parce que j’ai des parents divorcés, maintes fois séparés et remariés et que je connais trop bien les enjeux d’une famille à recomposer.

Devenir belle-mère, c’est accepter d’adapter ta façon de mener ta vie pour des gamins qui ne sont pas les tiens, pire, que tu n’as jamais souhaités.
C’est faire des sacrifices qui te paraissent énormes et qui paraîtront normaux pour ton conjoint.
C’est une reconnaissance minime voir inexistante.

C’est se remettre en question, avoir peur et pleurer souvent.
C’est accepter de passer après, toujours, sans sourciller.

C’est le regard des autres, de la société et souvent ne pas exister.
C’est se demander ce qu’on aurait été s’il n’y avait pas eu cet avant.
Si j’avais eu le privilège des premières fois, juste toi et moi.

C’est dur, c’est frustrant et c’est souvent violent.
Une tornade d’émotions contradictoires qui nous envahit en permanence et un chemin semé d’embuches qui semble ne jamais se terminer.

Je crois que ressentir tout cela est important, nécessaire.
Pouvoir le verbaliser aussi.
En parler, sans crainte, à celui ou celle qui partage notre vie.
Lui faire prendre conscience que ce n’est pas l’évidence.

Est-ce si simple de devenir belle-mère ?
Aujourd’hui, j’oserai un petit « oui ».

Timide et discret, de peur que tout ce que l’on a mis tant de temps à bâtir puisse s’écrouler.

Sans doute parce que j’ai vieilli et que je suis devenue maman moi aussi.
Aussi parce qu’on s’est tous apprivoisés et qu’on a appris à s’aimer et à se respecter.
Sûrement parce que j’ai accepté de rencontrer L’EX-la-maman-des-enfants et à moins la diaboliser.
On a accepté qu’il fallait souvent du temps et vivre au présent parce que demain, on verra bien.

Chacun traverse des épreuves plus ou moins difficiles au cours de sa vie. Finalement, celle-là, n’est pas si compliquée que cela.

Parce que je peux regarder derrière moi et faire le bilan de ces six années.
La façon dont eux voient les choses est si simple et sensée.
Tout comme l’amour qu’ils peuvent t’apporter.

Je ne verrai plus ma vie autrement c’est vrai.
Je suis dans leur vie, ils sont dans la mienne.
Nous sommes une famille et demain, on verra bien. Je n’ai pas de recette miracle, de conseil ou de ligne de conduite à adopter.

Je ne crois pas à l’évidence, je crois à la patience.

Crédit photo : Papam.

Merci à tous ceux qui ont pris la peine de m’écrire ces derniers temps.
J’ai reçu pas mal de mails de gens qui me racontent ce qu’ils vivent et qui me remercient.

Cela m’émeut beaucoup et m’encourage à continuer.
Merci infiniment.

Je mets parfois le temps, mais c’est promis, je réponds !
Et pour finir, message personnel pour Hélène, qui m’a posé cette question et à qui j’ai répondu longuement, ton mail est invalide, peux-tu me renvoyer ton adresse?