L’amitié a toujours fait partie intégrante de ma vie.
Mes parents étaient des gens qui avaient une vie sociale très riche et par conséquent, beaucoup d’amis.

Ils recevaient et nous étions très souvent invités.
Je me souviens de grandes fêtes déguisées, de mariages un peu partout et de grands barbecues.
La porte était toujours ouverte et il n’était pas rare que quelqu’un y frappe pour un petit café.

La famille n’était pas la priorité. Celle qui comptait, c’était celle qu’on choisissait.
Ils avaient des frères et soeurs qui vivaient loin et qu’ils voyaient peu.
Les relations se cantonnaient alors aux fêtes de fin d’années et quelques évènements planifiés.

Nous partions en vacances entres amis.
Grandes bandes et ribambelles d’enfants. Joyeux bazar et de beaux souvenirs pour nous.
Cela aidait aussi à cacher que mes parents ne s’entendaient pas vraiment et que se retrouver juste tous les 4 les effrayaient.
Il n’empêche que cela a marqué mon enfance et a influencé ma vision de l’amitié.

L’amitié a toujours été, dans ma famille, valorisée.
J’ai pu fréquenter qui je voulais et inviter lorsque je le souhaitais.
Il y avait toujours une place à table pour un copain qui resterait dîner, un lit d’appoint dans ma chambre pour le loger.
J’ai toujours observé avec beaucoup de curiosité les copains qui ne te faisaient jamais entrer chez eux.
Chez moi, la porte était si grande ouverte que cela me paraissait très mystérieux.

J’ai toujours eu des amis et j’ai eu la chance de ne jamais vivre d’expériences malheureuses sur le sujet.
Des amitiés assez simples, solides et fidèles.
Des bandes de copains très soudées qui ont fini par se disperser mais qui laissent la trace de belles amitiés.
Je fuis les relations exclusives, malsaines et ait toujours détesté décerner des titres qui n’ont pas de sens et forcent à s’engager.
Je distingue les amis, les copains et de simples connaissances.
Je ne suis pas quelqu’un qui cherche à développer un réseau.
Je n’ai pas besoin d’être constamment entourée de tas de monde.
Je préfère, je crois, la qualité à la quantité.

J’ai la chance aujourd’hui d’avoir des amis que je connais depuis l’enfance.
Ma plus vieille amie était avec moi au cp.
Certaines amitiés se sont un peu distendues avec le temps, d’autres sont toujours là, encore plus fortes parfois..
Nous avons tous pas mal bougés alors j’ai beaucoup d’amis qui sont moins de moi.
Certains me manquent vraiment.

La distance géographique pèse sur certaines relations.
Le manque de temps, les évènements de la vie qui forcent à se voir en pointillés et à avoir toujours l’impression de devoir tout rattraper.
Les nouvelles technologies ne suffisent pas et je n’ai pas des amies très connectés (ouf, cela m’a permis qu’elles ne trouvent pas ce qui se trame par ici).
Mais je sais qu’ils sont là.
Je ne suis pas inquiète si je n’ai pas de nouvelles pendant quelques mois.

Ce que j’ai pu constater, depuis quelques années, c’est qu’il est de plus en plus rare que je noue de nouvelles amitiés.
Hormis quelques jolies rencontres grâce à instagram, mes derniers amis proches remontent à une petite dizaine d’années.

Pas que je ne fasse pas de nouvelles rencontres, non. Papam me dit souvent que l’on ne peut pas se promener sans que l’on s’arrête pour parler à quelqu’un que je connais.
Mais cela ne passe jamais le stade de la simple connaissance.

Des parents de copains des enfants, des connaissances de travail ou autres.
Des gens que je trouve très sympas, avec qui j’aime échanger mais cela s’arrête là.
Il y a comme un cap qui ne se passe pas.

Lorsque l’on est au lycée, on côtoie des dizaines de gens de notre âge toute la journée, il est forcément plus facile de trouver des gens avec qui ça va coller.
En congé parental, ou en arrivant dans une nouvelle ville, c’est beaucoup plus compliqué…

Est-on plus vieux ? Se pose-t-on plus de questions ?
Fait-on moins d’efforts ? Est-ce que cela vient de moi, de nous ?

Il est vrai qu’en vieillissant, je ressens moins le besoin d’être entourée de tas de gens.
J’ai ma famille à gérer, je manque souvent de temps et d’énergie pour voir mes amis régulièrement alors de là à en avoir de nouveaux !
Je n’angoisse plus si je passe un samedi soir devant un film avec une tisane.
Voir même, chose impensable il y a 10 ans, j’apprécie.

J’ai ce besoin parfois, de me centrer sur nous 6. De profiter de ces moments précieux qui filent à toute allure. De les privilégier, même si je ne saurais complètement m’en contenter.

Je suis plus exigeante aussi.
Il n’est pas rare que certaines personnes m’ennuient, que je ne me sente pas en phase et que je n’ai pas envie d’en connaître davantage. Il y a quelques années, peut-être que j’aurais davantage essayé.
J’aime beaucoup faire du second degré et je suis un poil cynique. Cela suscite parfois quelques incompréhensions difficiles à rattraper. Je ne suis pas quelqu’un d’extraverti, qui aura des tas de trucs désopilants à raconter et qui te proposera facilement d’aller boire un thé. Il me faut un peu de temps pour me sentir à l’aise avec les gens.

Je peux vite être impressionnée par certaines personnes et me sentir toute petite.
Mais également, lorsque j’apprécie beaucoup quelqu’un, si je le sens peu réceptif, je ne cherche pas à insister de peur de l’embêter.

J’ai mis certaines activités entre parenthèses ces dernières années.
Le travail pour commencer, qui est source de pas mal de rencontres en général.
Avec un mari qui travaille beaucoup et pas de famille à proximité pour prendre le relais, difficile d’envisager d’avoir des activités ou de s’investir dans des associations.

Avoir des enfants n’aide pas vraiment.
Plus compliqué de caler un week-end entre copains, de trouver une date ou de partir sur un coup de tête.
On peut également être happé par le quotidien et l’énergie qu’il faut déployer pour tout assurer.

Je ne crois pas que cela m’attriste vraiment.

C’est simplement une réflexion que je me faisais et que je voulais partager.
Je me sens bien entourée et je sais que j’ai de la chance.
Mais de temps en temps, je ne serais pas contre un petit vent de nouveauté.
D’élargir l’horizon de mes amis pour se sentir enrichi.

J’avais envie d’en parler par ici pour savoir si vous l’aviez vécu ou ressenti à des périodes de votre vie ?