Enfant, je me souviens du sapin qu’on choisissait avec ma maman.
Toujours beaucoup trop grand.
Je me souviens de ces jolis moments à retrouver nos petits trésors pour décorer la maison. Le temps qu’on passait à leur trouver une place.
Les tenues de Noël soigneusement choisies et les souliers vernis.
Je me rappelle l’effervescence.
Les cadeaux toujours mal planqués, mon père qui cuisinait et ma mère qui s’en fichait tant qu’elle pouvait nous gâter.
Les paquets par dizaine et lui qui disait qu’elle en avait encore trop fait.
On chantait, on mangeait des chocolats et on retrouvait les cousins autour de la cheminée.

Quelques années plus tard, le temps a balayé certains d’entre nous et ma famille s’est peu à peu transformée, disloquée, brisée, recomposée et ne nous a pas épargnés.
C’est toujours avec une certaine appréhension qu’une année sur deux, je vois arriver le jour de Noël. Celui, où les enfants seront avec leur maman.
Celui, où lorsque les gens pressés se hâtent de se retrouver, nous serons tous les trois le soir du 24.
Ce soir, où l’on tentera de faire bonne figure et de se dire que ce n’est pas si grave finalement, on est suffisamment grands pour en rigoler. Où l’on fera semblant de ne pas voir les regards un peu peinés de ceux qui nous ont demandé si l’on recevait.
Ca va, c’est pas si important vous savez. Ca marche, c’est vrai, on finit par s’en persuader.

J’évite au maximum les supermarchés et cette surconsommation partout qui à tendance à m’écoeurer.
Non, je ne lui ai pas fait faire de photo avec le père-noël parce que je ne sais pas s’il sait vraiment qui c’est.
Ma maison est très peu décorée et je n’ai pas prévu de menu de Noël parce que je ne sais pas faire et que je ne m’y suis jamais intéressée.

C’est vrai, parfois je le regrette.
J’aurais aimé fabriquer d’autres souvenirs pour mon Petit Colis.
Des souvenirs de sapins, de bougies et de paquets par milliers.
J’aimerais qu’il ne subisse pas, comme nous, un Nöel de famille recomposée.
J’aurais aimé qu’il ait une grande famille sur laquelle il puisse se reposer et des cousins par dizaines avec qui jouer.

Mais je sais qu’ils sont nombreux les gens qui sont seuls à Nöel et que j’ai l’immense chance d’avoir Papam et mon fils à mes côtés. Ainsi que des amis qui n’ont pas leurs enfants, leurs parents ou de famille avec qui festoyer. Finalement, nous nous y sommes habitués à ces petits réveillons en toute simplicité.

Cet esprit de Nöel, je l’ai longtemps cherché, espéré, envié mais je n’arrive pas à nous y retrouver…