Chercher une photo, au milieu de tant d’autres.
Assise par terre, au grenier.

Tirer les caisses qui en sont remplies, feuilleter les vieux albums.
Observer des clichés fanés d’une époque passée.

Chercher des ressemblances de soi, bébé.
S’émerveiller de tous ces moments que l’on a oublié.
Rire avec eux, avoir le coeur serré et s’émouvoir, un peu.

Se trouver beaux.
Observer ses bébés, si petits.
Aimer son mari qui sourit.
Se dire qu’on a vieilli.

Caresser ceux qu’on a aimés et qui sont partis.
On savait pas, on était si heureux cette fois-là.
Mettre de côté quelques clichés, pour les afficher.

Se dire qu’il faudrait trier.
Mais non en fait, c’est beaucoup mieux ce fouillis de nos vies.
Ces souvenirs qu’on rencontre sans y être préparés.

Prendre quelques photos et les envoyer.
« Tu te souviens dis ? »

Si ma maison brûlait, c’est ça que je sauverais.
Ces quelques clichés de piètre qualité sont ce que j’ai de plus précieux et que je ne pourrai jamais remplacer.

Tout ranger enfin, le coeur léger.

Mais dis moi, qu’est-ce que je cherchais ?
Sourire à la perspective de s’y replonger.