Être belle-mère/beau-père, cela peut fonctionner si l’on refuse de s’engager ?

Être belle-mère/beau-père, cela peut fonctionner si l’on refuse de s’engager ?

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Hier soir, j’ai regardé un reportage qui s’intitulait « Vie de belle-mère/ de beau-père » sur LCP.

J’ai écouté, regardé, ces gens qui se débattaient pour construire une nouvelle famille avec les morceaux de la précédente et qui avaient le courage de nous la raconter.

J’ai été marquée par une belle-mère qui expliquait à propos de sa famille:
« Bertrand, il a sa fille. Quand elle a été hospitalisée alors qu’on avait une soirée. Il est allé avec elle à l’hôpital mais moi et mes enfants, nous sommes rendus à notre soirée.
Normal, ce n’est pas ma fille. Quand ses enfants viennent, que je sois là ou pas, ça ne change rien.
Ils ne viennent pas me voir, c’est leur père qu’ils viennent voir.
Ici c’est comme ça qu’on voit les choses. »

Je suis restée bouche bée car ce n’est pas du tout ma manière à moi d’envisager la vie de famille recomposée.
Pour moi, une fois accepté le fait que mon mari avait des enfants, même s’il y a des décisions que je ne prends pas, des choses par lesquelles je suis moins concernée.
Pour le reste, je me sens complètement engagée. Pas seulement avec lui mais ses enfants aussi.
Je ne me suis jamais demandé s’il y avait une autre façon de fonctionner.

La notion d’engagement reste pourtant très subjective.
On s’engage avec un conjoint,est-on obligé de le faire avec ses enfants ?

Ces personnes qui n’ont pas la même vision des choses, n’ont peut-être pas le sentiment d’être moins engagées que je le suis et ne le sont d’ailleurs probablement pas moins, juste différemment.

Il y a sûrement autant de « bonnes » manières de faire que de familles.

Parce que chacune est différente.
Lorsque les enfants sont grands, que chacun à les siens.
Qu’ils sont très petits ou que l’on a des enfants en commun.
Il y a également les autres parents, ceux qui viennent les chercher une fois le week-end achevé et qui pourtant l’ont en grande partie influencé.

Je me suis demandée si on y serait mieux arrivé si j’avais choisi une autre manière de fonctionner.
Il est vain de savoir si les choix que l’on a faits nous ont aidés ou si le contexte nous a favorisé.

Tout comme il est difficile de prévoir si l’équilibre que l’on a trouvé aujourd’hui sera le même demain avec l’adolescence qui arrive et tous les évènements qui jalonnent l’existence.

Je crois que chacun fait du mieux qu’il peut selon son vécu, son éducation, ses croyances et ses envies.

Elles sont périlleuses ces aventures de familles, tenues debout juste avec l’amour de deux personnes qui ont décidé un jour, que ça valait le coup d’essayer.

Il est trop facile de croire qu’il y a une bonne façon d’agir pour que cela fonctionne.

Comme toutes les familles finalement, il y a des fois où cela ira et d’autres ou l’on devra renoncer et se séparer.
L’essentiel est, je pense, d’avoir essayé de tout accorder, sans se nier, pour ne rien regretter.

11 commentaires

  1. tout à fait d’accord avec toi ! pour moi, ça ne peut pas fonctionner sans un minimum d’implication avec les enfants, ça fait partie du package comme on dit ! Après il y’a tellement de situation différente, et aussi la place que le conjoint veut bien laisser auprès de ses enfants … Tant que les deux y trouvent leur compte, ça peut marcher, mais pour les enfants ça doit pas évident …

  2. Je vois la situation par le biais de mes neveux: ma soeur est en couple avec un homme très impliqué dans leur éducation. Comme il ne bosse pas en ce moment, c’est lui qui les gère presque tout le temps, et aussi quand ma soeur est en déplacement pro (donc très souvent). A contrario, leur père vit avec une femme pas du tout du tout impliquée, et ça me choque un peu. Pas une seule fois elle n’est venue les chercher à l’école par exemple. Jamais elle n’a fait une activité seule avec eux. Conséquence: la semaine dernière, elle n’était pas à la maison quand mes neveux étaient chez leur père. Ils ont retrouvé ma soeur en disant: « Ah c’est trop cool quand S. n’est pas là! »…..je trouve ça triste…

  3. Bonsoir Marie,
    je lis souvent ton blog et je suis d’accord avec toi, je me sens aussi impliquée comme belle-mère.
    J’ai une belle-fille qui aura 18 ans bientôt avec laquelle je suis toujours en contact (mais je ne suis plus la compagne de son père), c’est elle qui m’a contactée et j’en étais très très contente, j’en avais déjà parlé ici, je pense. Elle se confie à moi et j’essaie de l’aider tout en respectant les limites à ne pas dépasser. Je ne peux que conseiller, mais ça me fait très plaisir. Je pense que dans la vie, nous avons tous besoin de « mère ou père de coeur » (pas belle-mère ou beau-père) que l’on croise à un moment de la vie pour être aider, même si on a de bons contacts avec ses propres parents. En tout cas j’en ai fais l’expérience. Merci pour le lien de l’émission!!!

  4. Que j’aime tes articles !!!!! J’ai découvert ton blog il y a quelques mois et en une journée j’ai dévorée tous tes articles. Pourquoi ? parce que je m’y suis retrouvée souvent. Moi aussi je suis devenue une Belle mère il y a un an. Belle maman d’un petit garçon de 9 ans qui à décidé suite à l’installation de son papa dans ma maison avec moi et ma fille, de venir nous rejoindre à temps plein. Comme chez toi il y a des bas mais surtout des hauts qui font que l’on arrive à tenir un équilibre. Equilibre parfois fragile, car il y a encore un an on vivait tous séparément. Mais l’amour que nous nous portons avec mon compagnon fait la force de notre famille recomposée. Mais comme tu dis, on vit tous ce changement différemment. Où est la meilleure solution ? je pense que personne ne l’a……car chaque famille est différente. Ma fille à moi va avoir 15 ans….en pleine adolescence et même si cela va mieux, ça a été très difficile à un moment donné. Beaucoup de changement pour elle, l’arrivée d’un beau père, et ensuite d’un demi frère…..travaux dans la maison, on a du tout réaménager, elle a du changer de chambre…….etc…….malheureusement chacun doit s’impliquer, s’adapter, parfois s’énerver, se reprendre, sourire, apprendre à rire avec de nouvelles personnes, s’apprécier…Même s’aimer, mais aussi se détester parfois………..
    MERCI pour tes beaux articles qui nous font penser que l’on n’est pas seules dans les moments de faiblesses et qui nous font sourire quand on se rappel un moment similaire……..

  5. J’ai regardé la même émission que toi! Je dois avouer que la plupart des situations étaient d’un triste… Émanait de certains beaux-parents un désespoir infini!
    Il n’y a pas de règle, pas de recette… Effectivement chacun fait du mieux qu’il peut avec ses bagages! 😉

  6. Certaines aussi aimeraient s’engager auprès des enfants de leur conjoint et se sentir un peu plus « maman » (sans avoir d’enfants elle-même), mais c’est le conjoint qui fait tout rater… Et plus ça va, et plus on n’a aucune envie de s’impliquer du tout. Parce qu’à chaque fois qu’on le fait, on se fait reprendre, ce n’est jamais correct. À chaque fois qu’on dit quelque chose, qu’on essaie de changer quelque chose dans la façon de faire de la famille pour que ça nous ressemble un peu plus et qu’on puissent s’y sentir bien, il n’y a rien qui change ou bien on passe encore pour la méchante… Je comprends ce que tu veux dire, moi aussi ça me fait de la peine de ne pas pouvoir m’impliquer du tout, mais je comprends aussi cette fille dans l’émission qui semble juste désespérée comme je le suis de plus en plus… 🙁

    • Ca je le comprends complètement et j’imagine que cela ne doit pas être du tout facile… Comment construire les choses dans ces conditions ? Je te souhaite que cela puisse changer parce que tu dois en souffrir… Courage !

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