Il y a l’instant que l’on met à réaliser ce qu’il vient de se passer.
Il y a ces quelques secondes qu’on aimerait pouvoir rejouer.
La soupe qu’on est en train de mixer, l’enfant qui tire sur le fil et quelques gouttes qui lui tombent sur le visage.
Il y a les minutes qui suivent, celles où l’on tente de rassembler ses esprits, avoir les bons réflexes, ceux qu’on a appris en théorie.
Sauter dans la voiture et aller à la pharmacie.
Le regarder, lui parler, lui dire que ça va aller.
Lui, souriant qui ne comprend pas pourquoi on se met dans cet état là.
Il y a les longues heures d’attente.
Les urgences, les questions sans réponse.
La salle d’attente bondée et papa qui doit encore arriver.
L’inquiétude, les larmes qui ne cessent de couler et cette énorme culpabilité.
Les regards des parents inquiets, hagards, qui attendent eux aussi.
Certains en silence et d’autres répétant inlassablement les évènements, parler comme un exutoire surement.
Les enfants qui jouent, qui courent et qui crient si insouciants.
Cette grosse machine, ces protocoles, les « je ne peux pas me prononcer ».
Ces gens qui font au mieux avec ce qu’on leur a donné et notre envie d’hurler que nous sommes la priorité, même si au fond on le sait, ce n’est pas vrai.
Les heures qui s’écoulent, l’angoisse que l’on doit surmonter et la patience à apprivoiser.
Penser au pire, espérer le meilleur.
Se repasser en boucle les évènements, se demander pourquoi on ne l’a pas évité.
Mais comment ils font les autres pour refaire des enfants, pour réussir à supporter?
Comment on fait nos parents avec tout ce qu’on s’est cassé?
Il y a le jour d’après, celui ou mal réveillé on y retourne pour le faire examiner.
Lui enfiler un pyjama trop grand, regarder son petit bracelet, le même que celui de la maternité.
Avoir le cœur serré.
Le bercer sans s’arrêter et lui dire que tout va bien aller.
Les longs couloirs et l’au-revoir à la porte du bloc opératoire.
Croiser des enfants, des parents qui forcent le respect.
On sait leur courage et on entrevoit cette souffrance qui ne devrait pas exister.
Attendre encore et toujours, essayer de se raisonner.
Finir par le récupérer, écouter, questionner, être soulagée signer et enfin rentrer.
Il y a les semaines qui, je l’espère, vont nous aider à cicatriser au propre comme au figuré.
Et il y a tous vos mots qui m’ont tellement aidée, je vous remercie. 
Petit Colis va bien et nous espérons que tout cela sera vite réparé.