Hier, une amie m’annonçait qu’elle et son compagnon se séparaient. Parce que tout était devenu trop compliqué, parce que l’amour n’était plus là et surtout parce qu’ils n’avaient pas su voir à temps qu’ils n’avançaient plus dans la même direction depuis un bon moment déjà.

Sauf qu’ils ont un petit garçon de quelques mois et que cette décision n’est pas facile à assumer parce que cela impliquera de ne plus le voir au quotidien et de le laisser régulièrement à son papa.

Quand j’ai appris cela, j’ai eu une énorme boule d’angoisse dans le ventre qui ne m’a plus lâchée.

J’ai dit à Papam: « tu te rends compte comme cela doit être difficile? »
Il m’a répondu: « Je sais, je l’ai vécu, tu te souviens? »

Il l’a vécu, c’est vrai….

C’est vrai qu’un jour, la-maman-de-ses-enfants lui avait annoncé que c’était terminé et il avait du renoncer du jour au lendemain à les voir au quotidien.
Parce que comme c’était lui qui travaillait, forcément, elle les garderait et lui serait celui qui disparaît du quotidien pour gérer les week-ends.

Il m’a rappelé qu’il y avait eu des périodes ou le soir, il était triste car ses enfants lui manquaient et que souvent, je l’avais rabroué.
J’avais dit qu’il devait faire son deuil, assez durement et sans prendre de gant un peu jalouse sûrement de ce passé qui revenait encore l’ébranler.

Il ne m’a pas dit ça méchamment, il l’a dit tendrement et j’ai su à quel point il avait été seul pour faire face à tout cela.

Je me rends compte aujourd’hui que j’ai minimisé la souffrance et la douleur.
Je n’ai pas voulu ou pas pu voir, pour moi, tout cela faisait parti d’une autre histoire qui n’était pas la nôtre. Pourtant, elle fait partie de lui.

Je n’ai pas su comprendre ce que cela représentait et j’en suis désolée.

Comprendre à quel point devoir un jour renoncer à sa famille pouvait être si compliqué.

Réussir à envisager cette absence qui déchire et d’avoir à partager ses enfants avec quelqu’un que l’on n’aimera plus jamais.

Partager, planifier, lister et parfois se déchirer.

Alors pourquoi lorsqu’elle m’en a parlé je me suis sentie si touchée?
Sûrement car cette fois, cela me touche de moins près et que je ne suis pas directement impliquée.
Sûrement aussi que depuis j’ai eu un Petit Colis et que cela me permet de mieux imaginer.

Alors, je vais prendre le temps de l’écouter, d’être présente et de l’aider, même si je sais que tout cela, c’est seule qu’elle devra l’affronter.
Sa vie ne sera pas telle qu’au départ elle l’avait imaginée mais elle sera plus belle, sûrement,  que si elle était restée.

(Crédit photo: Papam. )