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Ce sont des mots qu’on a maintes fois prononcés pour les rassurer ou pour déjouer une pointe de jalousie.
Pour leur rappeler que chez nous, c’est chez eux aussi et ne jamais fermer la porte à leurs envies.

« Si un jour vous le voulez, vous pouvez venir vivre à la maison si vous le savez. « 

Et puis, sans trop que l’on s’en  rende compte, les enfants deviennent un peu plus grands.

« J’aimerais venir vivre chez vous ! « 

Sorti d’un peu nul part, sans que l’on s’y attende vraiment.

Il faut alors être très fort pour ne pas sauter de joie.
La partie de moi pas très avouable, un peu mesquine et victorieuse, qui se dit que nos efforts ont enfin payés ne doit ici pas s’exprimer.
Ce n’est pas une compétition, personne ne va gagner.
Il y a trop de choses qu’on pourrait abimer.

Viens le temps des pourquois et des explications.
Pourquoi veut-elle changer ? Pourquoi maintenant ?
Que s’imagine-t-elle vraiment de sa vie dans notre maison ?
Se rend elle compte qu’elle verra moins sa maman et que cela pourrait être un vrai déchirement ?

Il faut avoir la force de ce dialogue-là, ne pas foncer tête baissée au risque de le regretter.
Comprendre finalement que le problème est le déménagement qu’elle n’a pas digéré, cette nouvelle école où elle ne se sent pas vraiment bien, les anciens copains qui lui manquent et qu’elle aimerait retrouver.
Son petit frère trop loin qu’elle voudrait cajoler.

Comme il est difficile de devoir donner des arguments en sachant que cela va sûrement la décider à rester.
La persuader d’essayer encore un peu et que si vraiment, mais en attendant, tu es bien chez ta maman.
Parce qu’une fois franchi ce pas-là, on ne peut plus si facilement reculer.
Parce que vous séparer toi et ton frère n’a jamais tellement quelque chose que nous voulions envisager.
Lui faire prendre conscience de tous les enjeux que cela peut représenter.

« Tu devrais essayer encore une année et si cela ne va pas mieux, pour l’entrée au collège, on en reparlera. Tu auras eu le temps de bien y penser et d’être sûre que tu ne vas pas le regretter. »

C’est dur de devoir être un adulte raisonné parfois.
Et de laisser son petit bout de soi pas très avouable s’exprimer lorsqu’ils ne sont pas là..

Ce genre de décision, vous y avez déjà été confrontés ?