La claque.

La claque.

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Je ne donne pas de claque à mon fils.
Ni tape, ni fessée, ni rien d’autre.

Je n’ai pas envie de me lancer dans des débats du pour ou du contre qui dureraient des heures et où l’on se lancerait des arguments qui nous renforcerait dans nos idées.
J’ai fait ce choix-là parce que je pense (je suis même sûre) que le reste ne fonctionne pas.
Il m’est déjà arrivée, excédée de lui donner une tape et j’ai beaucoup culpabilisé.
Cela n’a en plus pas arrangé la situation.

Comment apprendre à mon fils qu’il ne doit pas taper si je le fais ?

Il m’arrive d’essuyer de gros échecs et de me sentir débordée.
Nous ne sommes pas toujours d’accord avec Papam sur le sujet mais nous essayons de nous écouter et de nous respecter.
Je ne suis pas de ceux, capables d’affirmer que « moi jamais » mais en tout cas j’essaie de privilégier le dialogue et de m’aider de petites choses simples pour désamorcer les conflits et crises afin de mieux les gérer.

Les enfants de mon mari savent que je n’ai pas le droit de les taper.
Les limites ont été posées très clairement dès le départ parce que je ne voulais jamais qu’ils aient à s’en soucier.
Je peux me fâcher, je peux les sanctionner et surtout leur expliquer, mais jamais je n’aurais le droit de lever la main sur eux, JAMAIS.
J’ai d’ailleurs déjà essuyé alors que j’étais vraiment fâchée le traditionnel:
« de toute façon, tu n’as pas le droit de me taper, t’es pas ma mère! ».
Ce à quoi j’ai répondu par un petit voyage dans la chambre pour réfléchir un peu à ce qui venait de se passer.

Lorsqu’il y a quelques semaines, Dot’s nous a annoncé que le copain de sa maman lui avait donné une claque, j’ai été particulièrement choquée.
Comment ce monsieur qui ne la connait que depuis quelques mois pouvait avoir osé lever la main sur elle ?

Prête à appeler les services sociaux et les pompiers, Papam, toujours plus calme et raisonné que moi a tenté d’en savoir plus afin de bien replacer les choses dans leur contexte et de comprendre la situation.

Il est vrai qu’il faut toujours prendre ce genre de choses avec des pincettes.
Lop’s nous ayant dit la semaine d’avant qu’il avait été puni dans la cave tout l’après-midi.
Cave qui se révélait être un bureau et l’après-midi, un quart d’heure.

Les relations dans les familles recomposées sont souvent assez tendues, inutiles de les rendre plus compliquées avec des affirmations erronées.
Il n’empêche qu’en effet, une claque avait été donnée et que pour nous, ce n’était pas possible de l’accepter.

Nous en avons longuement parlé avec Dot’s que cela avait beaucoup touché.
Elle n’avait pas eu le temps d’en parler avec sa maman et savait qu’en nous en parlant, cela serait pris au sérieux.
Parce que sa maman, même si elle non plus ne les tape jamais considère que certaines personnes ayant autorité sur eux (son compagnon, ses parents, moi) peuvent les sanctionner de la sorte.

Alors comment faire lorsque l’on n’a pas la même conception des choses ?
Comment se respecter et se faire confiance sur un sujet aussi important ?

Ici, le « chacun fait comme il veut chez soit » a ses limites.
On ne peut accepter de laisser faire et d’ignorer sans risquer de perdre la confiance des enfants.
Et surtout celle que l’on porte à leur maman.

Nous y avons réfléchi et le dialogue nous paraissait être la meilleure solution (enfin moi, j’étais légèrement plus énervée mais heureusement, j’ai un mari tempéré pour me contrôler).

Papam a tout de suite réagi et, en les ramenant le dimanche soir, en a parlé à leur maman.
Il lui a expliqué que cela nous avait choqué et son mécontentement.

Elle l’a vraiment écouté.
Sûrement parce que Papam demande rarement des comptes et que cette fois, elle le savait, il n’aurait pas lâché.
Elle n’avait, semble-t-il pas mesuré l’impact de cette claque et de tout ce que cela pouvait signifier.

On peut penser qu’il ne s’agit que d’une petite claque, vite oubliée.
Pourtant, elle peut chambouler une petite fille de 9 ans et la confiance qu’elle a dans ses parents.
Confiance que nous voulons préserver en lui montrant que nous avons le pouvoir de la protéger.

Ce soir-là, il a fallu dire au revoir, le coeur un peu serré.
Ils ont discuté tous ensemble et les choses se sont apparemment arrangées.

Le week-end d’après, nous leur avons à nouveau expliqué que personne n’avait le droit de lever la main sur eux à part leurs parents et encore, nous ne sommes pas tous d’accord sur le sujet.

Et surtout, qu’il fallait en parler, puisque la violence s’installe souvent là où l’on n’a pas pris la peine de parler et d’expliquer.

Et vous, vous y avez déjà été confronté ?

16 commentaires

  1. Pas facile du tout comme situation! Mais je trouve honnêtement que vous gérez bien parce que vous arrivez à prendre du recul et à ne pas paniquer et à privilégier le dialogue. Bravo! C’est finalement rassurant pour l’enfant car il est écouté et il participe à son niveau à « l’événement ».

    Je te comprends tout à fait car comme belle-mère on se sent impuissant dans des situations où on n’a finalement pas son mot à dire. Mais je suis persuadée car les enfants apprennent quand même de nos réactions de belle-belle et il ne faut pas se dévaloriser soi-même!!!

    J’avais aussi une situation avec ma belle-fille où j’avais envie d’appeler sa mère et de dire mais nooooooon, écoute-bien ta fille, elle a envie de faire autrement.

    Mais le papa n’a rien fait et moi je suis restée « les bras ballants » et « bouche bée », mais bien à ma place de belle-mère…

  2. C’est un sacré dossier à géré. Je partage totalement ton point de vue, je pense qu’en haussant le ton on peut deja faire comprendre à un enfant qu’il dépasse les limites. Nous n’avons pas de problème de ce côté là car la maman des garçons est n’a encore présenté personne aux enfants et de plus elle partage notre opinion à 100%. Mals je vous félicite car vous avez su désamorcer la crise et protéger et aider la petite dots.

  3. C’est délicat comme sujets : les familles recomposées ET la gestion de la violence des adultes…. C’est assez récurent chez nous, je ne supporte pas les claques, fessées et autres violences physiques ça me rend folle, mon mari, bien que gentil, sort assez facilement de ses gongs… T’as raison, il faut parler encore et toujours jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord et que les choses soient comme elles ont été dites… J’aurais tellement aimé avoir une belle mère comme toi

  4. Moi, je ne sais pas si je suis un bon papa. Mais quand mon petit fait trop de bêtises, je le punis dans le cagibi où nous avons notre machine à laver. Mais parfois, je me dis qu’il fait exprès d’en faire, juste pour aller y jouer…

    • Ahahah mon fils fait pareil parfois, ça m’énerve !
      Ce n’est pas une question d’être un bon ou mauvais parent, de claque, punition ou de ce que l’on décide de faire sur le sujet. Souvent on fait ce qu’on peut et c’est déjà pas mal !
      Mais là, j’ai eu du mal à supporter que quelqu’un qu’elle ne connait que depuis quelque mois puisse lui donner une claque, ce n’est pour moi pas anodin.

  5. Le geste d’une claque est très dure. Pour moi, c’est peut-être ce qu’il y a de plus humiliant pour un enfant ou même un adlute : qu’on le frappe au visage, surtout si la marque des doigts reste … C’est quelque chose de visible, que tu ne peux pas cacher.
    Ce « beau-père » qui frappe sa récente « belle-fille », je compare un peu cela à si je me permettais de donner une claque à la BFF de Chupa qui vient à la maison 1 fois par semaine. Pourtant, même quand elle m’agace, je n’arriverais pas à lever la main sur elle.
    D’ailleurs, peu de situation justifie qu’on en arrive vraiment là …
    Dans la mesure du possible, je suis contre les fessées ou mêmes les punitions qui bien souvent ne font que renforcer la colère et la haine que l’enfant a en lui. C’est compliqué d’élever certains enfants (et je sais de quoi je parle … certains sont bien plus simples que d’autres)
    Bref, dans votre cas, je crois que je me méfierai de ce monsieur qui se permet ce genre de comportements si rapidement. J’aurai du mal à avoir confiance. Il a des enfants ? Dot’s avait fait une très grosse bêtise pour mériter une claque ? Malgré toutes les bêtises que Chupa a pu me faire, elle n’en a jamais eu … même des fessées elle n’en a pas eu. Juste des punitions dans sa chambre et encore, très peu. Avec ses frères, c’est plus compliqué …

    • Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. C’est pour cela que Papam est intervenu de suite et que nous faisons très attention. Il a des enfants oui, mais pas la même manière de voir les choses… IL n’est pas méchant, juste vite dépassé je pense. En tout cas, leur maman a réagi également et cela semble être rentré dans l’ordre. Nous veillons de toute façon. Merci en tout cas !
      Pour les punitions, je suis d’accord avec toi, il y a la théorie et la pratique… Quand on est seule au quotidien avec les enfants, on fait souvent ce qu’on peut !!

  6. Coucou!

    Vaste sujet effectivement, comment enseigner le respect à des enfants autrement que par l’exemple? C’est que nous avons fait à la maison, nous avons édicté les règles, mais de manière générale car j’ai du mal à concevoir qu’une règle peut avoir cours dans un contexte et pas dans un autre ( distinction maison/école/extra-scolaire). Pour moi le respect de l’intégrité physique et morale est un fondement de base (comme l’égalité, mais ça, heum, c’est un autre débat) et personne ne peut s’en affranchir. Pas même les parents, et les jeux de mains entre enfants sont également proscrits car nous travaillons au quotidien à faire de la cellule familiale un cocon rassurant (mais pas naïf, hein!) et qu’au sein de la famille, rien ne justifie les échanges violents ni même les petites tapes « pour taquiner ».
    Cela les force à faire preuve d’inventivité pour s’approprier le fauteuil le plus près de la télé, à passer à la douche en dernier ( si d’ailleurs quelqu’un a une explication LOGIQUE à ce refus permanent de passer à la douche en premier, qu’il me fasse signe … ) ou encore à choisir sa place dans la voiture (?!)…

    Je n’ai pas d’enfant « à moi », mais je suppose que si c’était le cas, j’en ferai autant et ne marquerai pas de différence. Pour moi, la fratrie, quel que soit son périmètre, doit être traitée de manière égale.

  7. ohlala… heureuse de lire que le dialogue a permit de calmer la situation !!
    Ici, je ne suis pas pour les claques, mais parfois, au bord de l’exaspération, une tape ou deux on déjà attérit sur la main du Tigger !! (souvent c’était en retour de gros coups de pieds de mon grand qui trouvait drôle d’embêter maman qui étaient très fatiguée à ses 8/9 mois de grossesse). J’ai culpabilisé a fond et je ne recommencerai pas parce que comme toi, je pense qu’il n’est pas possible d’apprendre à ne pas taper si nous le faisons nous même !!
    J’essuie encore des coups de mon Tigger qui se venge (absence de maman à la maternité, arrivée de la petite fraise…), mais je ne lui rend jamais. Je suis aussi bcp moins fatiguée et plus capable de répondre avec des mots maintenant 😉

    • Oglala dur avec la fatigue de la grossesse !
      Je ne suis pas parfaite et pareil, cela peut m’échapper, le but n’est pas de culpabiliser ceux qui le font. Mais je trouve que de la part d’un beau-parent,cela est encore moins acceptable …

  8. Tout-à-fait d’accord avec le principe d’interdire de taper à tous les membres de la famille, pour être cohérent, et bannir la violence physique ! Mon mec et moi on s’est déjà pris des baffes étant enfants et ados, et à part des souvenirs cuisants, ca n’apportait rien de bon … et quand ma fille se crispe et que je sens qu’elle a envie de taper, je l’invite à le faire sur un coussin ou une peluche pour décharger ses nerfs. Étonnamment, elle se freine à l’idée de taper une peluche (qu’elle affectionne), et la pression retombe. Si elle tape qui que ce soit, elle est punie automatiquement.

    • C’est top le coussin de la colère, ici je ne l’ai pas mis en place car il ne tape pas trop (il parle beaucoup donc ce sera plus les cris…) mais c’est une très bonne solution !

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