Cela commence par un front chaud, trop chaud. Une vérification, puis deux.
Une température que je vois monter, bien trop haut.
Le doliprane, toutes les 6 heures, 4 si vraiment ça ne parvient pas à baisser.
Un petit, lové dans mes bras et de longues heures au rythme des chiffres qui dansent.
Toujours se demander si on a fait ce qu’il fallait, prêts à partir pour les urgences si nous n’arrivions plus à la contrôler.

Depuis juillet, la fièvre chez nous s’est un peu trop invitée.
Elle nous a conduit plusieurs fois à l’hôpital et c’est mon Petit Colis qui en a fait les frais.
ne fièvre qui monte tant, qu’elle le fait convulser et qu’elle nécessite qu’il soit surveillé de près.

Depuis, j’essaie de vivre avec celle qui revient trop souvent à mon goût.

J’ai toujours un petit noeud au ventre lorsque le matin, il dort un peu plus longuement.
J’ai cette petite manie de ma main sur son front, juste pour vérifier, on ne sait jamais.
J’ai toujours un thermomètre sous la main pour me rassurer: « c’est pas rouge maman, é pas fièvre » .

J’essaie de ne pas trop écouter les gens qui me répètent: « quand même, ce n’est pas normal cette fièvre. » et de me rassurer avec ceux qui y ont été confrontés.
Des examens il en a fait et on n’a rien trouvé.

Il y a les semaines ou l’on se dit qu’on a un peu exagéré et qu’il va bien finalement, inutile de s’alarmer.
Il grandit, il joue et il rit.
Il y a les semaines où elle revient avec son lot de craintes et de questionnements.
Pourquoi est-elle encore là?

Je n’arrive pas à tenir mes angoisses à distance lorsqu’il s’agit de mon fils, lorsqu’il s’agit de la santé, de vieux démons qui viennent me hanter.
J’ai toujours ce petit « et si ».
Si on était passé à côté de quelque chose, si c’était grave…
Les enfants sont souvent malades c’est vrai, lui l’est-il plus ou est-ce moi qui suit trop angoissée ?

Il y a quelques temps, le docteur nous a conseillé de consulter pour faire un bilan afin de tout vérifier et de nous rassurer.
Ce matin, j’ai enfin réussi à décrocher mon téléphone et à prendre rendez-vous à l’hôpital, après plusieurs semaines à tergiverser.

J’ai peur c’est vrai, je suis même terrorisée, mais je sais aussi que cela ne peut que nous faire avancer et, je l’espère, enfin réussir à m’apaiser.