Il n’y a jamais de configuration parfaite dans une fratrie.
Et pourtant, qu’est-ce que cela fait débat !
Que des garçons, que des filles, les choix du roi et les écarts d’âge.
Tout le monde a, semble-t-il, son avis et sa petite histoire à raconter sur le sujet.

Dans une fratrie recomposée, les choses ne sont pas si différentes.
Il y a ceux qui te demandent si tu comptes un jour t’arrêter:
« Parce que ça fait beaucoup d’enfants tu sais, va falloir payer pour les éduquer ! »
(ah bon ? Tu le savais toi ?).
Ceux qui te disent:
« Deux garçons et deux filles, Papam a bien bossé ! »
(ouais, enfin bon… lui il n’a pas les vergetures… ).

La particularité de ma fratrie à moi, c’est qu’elle n’est pas une, mais deux équipes.
Elle doit se reformer tous les quinze jours, rattraper en une poignée d’heures, deux semaines de séparation.

Se dépêcher, au risque de se rater.
C’est intense et c’est compliqué aussi, parfois.

Petit Colis observe son frère et sa soeur s’en aller et lui rester.
Il m’a même déjà demandé si lui aussi pouvait s’en aller.
« Mais maman, je suis leur frère aussi ! »

Les grands, sont ensemble.
Au quotidien, ils vivent tous les deux et ils ont une complicité avec laquelle il ne peut rivaliser.
En grandissant, forcément, il le ressent et les observe parfois avec envie.

Alors, même si je n’aime pas les demis, que l’on fait tout pour gommer ce qui pourrait les discriminer, je suis heureuse à l’idée qu’il connaisse cela lui aussi.

Être un frère au quotidien, une équipe petite à deux, plus grande à quatre mais plus tout seul.

Qu’il sache ce que c’est de se faire piquer ses jouets, partager les câlins de maman, se révolter contre « les parents » et avoir quelqu’un avec qui parler d’eux et de son quotidien.

Pour moi, pour nous, ce bébé est notre petite cerise sur le gâteau.

Celle qui vient nous compléter et celle qui nous manquait.
Celle qui va tout chambouler et qui va forcer chacun à revoir sa place et son quotidien.

Bien sûr, il n’y a pas de modèle à suivre et on se demandera sûrement, comment c’eut été, si cela avait été différent.

Il y a toujours tant de « et si ? » avec les familles qu’on n’a pas complètement choisies.
Mais c’est aussi ce qui rend les choses jolies.