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Quand je propose une journée à la mer, les choses sont claires dans mon esprit.

Moi, lézardant au soleil, profitant du sable chaud et du calme pour lire tranquillement.
Les enfants, jouant dans le sable et se baignant.
Nous n’aurons qu’à les surveiller du coin de l’oeil, pouvant nous prélasser à notre guise.

Je ne sais pas ou j’ai inventé ça.
Aller à la plage avec trois enfants, en vrai, c’est complètement différent…

D’abord, il faut préparer les sacs.
Retrouver les chapeaux, faire le constat qu’ils sont trop petits et que la crème solaire est périmée.
Il faut penser pique-nique et du pratique.
Exhumer les jeux de plage, réaliser qu’il n’y a que deux pelles pour trois, espérer qu’ils ne s’entretueront pas ou pas assez pour devoir aller jusqu’aux urgences.
Ne rien oublier sous peine de devoir l’acheter 4 fois plus cher sur le front de mer.

Prendre la route, enfin arriver et se dire que c’était pas si difficile.
Crier victoire trop vite.
Chercher une place, longtemps.
Avec les trois qui crient « lààà c’est la mer, veux faire un chateauuuu ! « .

Trouver une place, loin, trop loin pour eux.
Se partager les sacs à porter.
Penser à l’époque ou tu partais à la plage avec une serviette posée négligemment sur les épaules.
Récupérer les sacs dix mètres plus tard à moitié éventrés d’avoir été traînés.

Arriver à la plage.

Tenter de contenir la meute pour donner des consignes de sécurité.
Leur annoncer qu’il va falloir mettre de la crème.
Vérifier les chapeaux. Plier les fringues.
Jeter le sac de jeux à quelques mètres et se dire que là on est bons.

Chercher son bouquin, s’assoir, ouvrir la première page.
« J’ai envie de faire pipi ! ».
Se relever en pensant très fort à des choses apaisantes.
Retrouver son bouquin.
Relire la première page, puis recommencer trois fois parce que c’est vrai, il n’y a que deux pelles.

Annoncer que c’est l’heure de pique-niquer pour faire diversion.
Préparer une zone spéciale enfant afin de préserver notre déjeuner d’un mélange de crème et de sable.

Les envoyer quatre fois se rincer les mains.
Leur expliquer de ne pas se rouler dans le sable sur le chemin du retour.
Les sustenter.
Garder l’idée du sandwich qu’il faut mâcher, silence assuré.
Secouer 8 fois la serviette.
Dire que non, on ne récupère pas les chips quand elles sont dans le sable.
Manger face à la mer.

Les regarder jouer.
Faire semblant de les ignorer quand ils hurlent.
Se dire qu’on est bien là quand même.
« J’ai envie de faire caca ! « .

Hurler des consignes de loin.
Prendre amoureusement la main de Papam.
« Ton chapeauuuuuuu !!!! », « Le seauuuuu ! ».
Appliquer des quantités de crème solaire.
Les observer sauter dans la mer.
Se surprendre à être heureux pour eux même si j’ai toujours pas attaqué la page deux.

Annoncer qu’il faut rentrer.
Ranger, rincer, trier, plier.
Tenter de ne rien oublier.
S’arrêter pour leur offrir une glace.
Ne même plus sourciller quand ils en ont partout, au point ou on en est.
Se demander comment ils font ceux qui font la queue avec leurs enfants élégants alors que les nôtres sont tous poisseux.
Se dire qu’on s’en fout, ils ont l’air heureux.
Retrouver la voiture et les observer s’endormir dans le rétro en dix minutes chrono.

Se dire que c’était une belle journée, faudra recommencer, la prochaine fois, c’est sûr, j’arriverai à lézarder.

Et vous, dites moi, vous y arrivez ?