Le quotidien serein.

Le quotidien serein.

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 J’ai grandi dans une famille où il n’y avait pas de règle.

On sortait, invitait, faisait ce qu’on voulait quand on voulait.
Je signais mes billets d’absence moi-même au lycée, je pouvais découcher sans que personne ne vienne m’embêter.
Là ou beaucoup trouveront que c’est une chance, moi, cela m’a peu sécurisée.
Manger en famille me manquait, savoir que quelqu’un m’attendait et que mon travail serait vérifié.

J’en ai tiré beaucoup d’autonomie et de la force, je le sais, il ne faut pas voir que les mauvais côtés.

Maintenant que je suis adulte et que je mène la vie que j’ai choisie, j’ai toujours beaucoup de mal à retourner à ces habitudes-là lorsque je cohabite quelques jours avec des membres de ma famille.

L’absence de programme, de reconnaissance face à ce que toi tu as pu préparer ou anticiper.
Les choses précipitées et les oublis de tout, partout.
Cela me ramène à tous ces souvenirs et me met dans un état d’anxiété que j’ai du mal à gérer.
J’oscille souvent entre l’envie de crier et de pleurer.
Je dois passer pour quelqu’un de rigide et quelque peu stressée.
Je le vois dans leurs regards, dans leurs réflexions et d’un coup, j’ai à nouveau 10 ans.

Je mène une vie avec des repères et des horaires.
J’en ai besoin pour moi et pour notre famille.
Cela nous permet d’avoir des moments de folie ou l’on fait n’importe quoi et les enfants adorent cela. L’aimeraient-ils autant si c’était tout le temps ?

Parce qu’à ne vouloir rien imposer, on finit par ne plus rien gérer.
Ne plus s’intéresser aux autres de trop se soucier de ce qu’on n’a pas pu faire.
On finit par se fâcher et par se blesser.
Certains parviennent à y arriver et à tout concilier, pas moi, je ne suis pas faite pour cela. Je me sens trop vite dépassée.

J’ai besoin de ces repères du quotidien surtout dans une famille comme la nôtre où l’on se voit peu et où chaque moment doit être précieux.

J’ai essayé longtemps de vivre une vie où il n’y aurait que du présent, du facile et de l’instant.
Parce que l’on m’avait appris que c’était mieux et que le reste rendait malheureux.
J’ai vite été rattrapée ce que je ne pouvais éviter: Le travail, la fatigue, les enfants et courir, souvent, après le temps.

Ce quotidien, même s’il est souvent pesant, j’ai tendance à l’apprécier car c’est cela qui nous permet de savourer les moments de liberté où tout est plus léger et où l’on peut enfin se retrouver.

Et chez vous c’est comment ? Ce que vous avez vécu enfant influence-t-il votre présent ?

23 commentaires

  1. Je ne sais pas si nos modes de vie sont une réaction à notre enfance ou s’ils dépendent plutôt de ce que nous sommes. Je suis pour ma part bien incapable de vivre de façon rythmée et je ne sais ni ne veux éduquer mes enfants comme ça. Avec toute la culpabilité que cela engendre de ne pas leurs donner de cadre, qu’ils puissent manquer de sécurité mais aussi la satisfaction de leurs offrir la liberté d’être eux, de se laisser être. Ce qui t’angoisse dans l’absence de règle me sécurise. Je ressens par contre une terrible angoisse lorsque je dois parfois me plier aux exigences de mon conjoint (qui a lui grandement besoin de règles) et planifier une activité ou des vacances. Je m’efforce par contre d’être présente auprès des enfants pour qu’ils me sachent disponible chaque fois qu’ils en ont besoin, de ménager chaque jour des temps de partage (comme le petit déjeuner que nous prenons toujours ensemble) et de toujours saluer et encourager leurs initiatives et leurs choix, même quand ils me déplaisent. Je ne sais pas les éduquer mais j’essaie de toujours les écouter. Mais ils sont encore petits. Peut être devrions nous en reparler lorsque j’aurai des grands?

    • Je pense que c’est un peu des deux…
      Je ne cherche pas à faire différemment mais juste en fonction de mes besoins. Je comprends que certains aient besoin d’autre chose, vivent autrement.
      On a tous la culpabilité de faire trop ou pas assez, chacun fait comme il veut et peut non ?
      Les enfants se chargeront de nous éprouver et de nous faire évoluer selon leurs besoins et les épreuves sur le chemin.

  2. Ba tu vois, je cherchais pourquoi j’étais aussi rigides avec les horaires et les programmes du week-end, tu m’as donné la réponse et je n’y avais jamais penser.
    Car moi aussi, une fois ado au college, j’ai fait ce que je voulais, sortais, découchais…
    C’est exactement ça, non pas ce sentiment de liberté (comme tout le monde m’énviait) mais d’abandon…
    Et aujourd’hui, j’en suis chiante avec mes programmes mais j’en ai besoin… Et si le programme change, sans mon avis…c’est la catastrophe!!
    Aller bis

    • Je n’ai pas ressenti l’abandon car on se souciait quand même de moi, mais j’avais besoin de plus..
      Il faut trouver son équilibre ! Bises

  3. ce que j’ai connu enfant est ce que je reproduis maintenant avec mes enfants avec quelques trucs qui changent mais dans l’idée globale!
    Donc chez moi il faut un cadre ! Comme toi tu en as ressenti le besoin ! Mon mari a connu le même modèle que toi dans son adolescence et comme toi il ne l’a pas forcément bien vécu bien que d’autres lui disaient avoir de la chance! Il ne voulait pas reproduire cela avec nos enfants et a adopté « mon « éducation (celle reçue par mes parents) pour construire celle que l’on donne à notre progéniture.
    Il faut un cadre, pour moi je ne peux pas faire autrement, et ton argument qui dit qu’on profite un peu mieux des moments où l’on en sort exceptionnellement me parle beaucoup car il est vrai !

    • Notre tempérament doit également jouer pour reproduire ou non ce que nous avons connus dans nos vies et avec nos enfants. Le plus important ait que chacun se sente bien et trouve son équilibre je crois. C’est bien que ton mari ait pu le trouver avec toi !

  4. Je me plains parfois de cette routine, de ce train-train qui nous ronge! Et pourtant cette bulle de confort est gage de quiétude dans notre famille! Les enfants ont besoin de repères, j’en suis convaincue.
    La folie oui de temps en temps, et ces moments sont vécus très intensément!

    • La folie est importante car je crois que je ne pourrai pas vivre dans la rigidité et mener une vie trop rangée. Tout est question d’équilibre !

  5. Moi j’aime que les choses soient cadrées ! On a des règles, des habitudes, des routines, qui nous font gagner du temps et donnent des repères aux enfants… Je pense que ça ressemble à ce qu’il y avait chez moi mais en plus fun, j’espère !

    • C’est ce temps là qui nous force (en tout cas moi) à mettre des règles, sinon je ne m’en sors pas. J’espère aussi (et j’en suis presque sûre) qu’on est des parents funs et que les enfants s’amusent à la maison et ne se sentent pas frustrés. Je suis sure que c’est le cas chez toi !!

  6. C’est marrant…je me posais cette question il y a pas très longtemps. Moi jai ete élevée dans un cadre strict. Jai du grandir dans un moule, formatée, et ne faire que ce que l’on attendait de moi. Une vie rythmée, rigide, où par exemple on mettait ses habits du dimanche meme si on ne sortait pas le dimanche! Je suis partie à 18 ans pour fuir cette extinction de ma personnalité. J’ai besoin d’air, de liberté, de faire ce que je veux en toute indépendance. Et j’élève mes enfants comme ca. Je suis de très près leurs résultats scolaires, mais ne les dispute pas pour une mauvaise note (cest pour eux qu’ils bossent, pas pour moi). Je surveille leur alimentation, leurs activités, leurs relations aux autres. Mais je les laisse libres de faire comme ils l’entendent, de gérer leur temps comme ils le sentent, parce que moi, enfant, je n’ai pas supporté la pression constante de mes parents. On traine des week-ends entiers en pyjama, comme un pied de nez au passé!! Des fois je me demande si ce n’est pas cette carence dans notre enfance qui fait les adultes que nous sommes aujourd’hui…

    • Oh comme cela doit être difficile à supporter … J’imagine que l’envie de liberté doit être très forte. Tu t’en es plutôt super bien sortie, je suis admirative ! Ce que tu expliques sur ta façon d’élever tes enfants me parle et c’est ce que je recherche. Je ne pense pas être rigide et je crois même que je suis une maman un peu fofolle qui laisse beaucoup de libertés si j’en crois certaines remarques qu’on me fait souvent. Mais j’ai besoin d’un cadre auquel me raccrocher, de repères pour ne pas me perdre en chemin. J’espère trouver un équilibre, c’est le plus important non ?

  7. Mes parents étaient plutôt cools, ils m’ont laissé faire des choses que je ne laisserai pas faire à mes enfants, mais il y avait tout de même un cadre. Je savais que je pouvais compter sur eux et qu’ils étaient là pour moi. Ma mère m’a longtemps fait réciter mes leçons et corriger mes devoirs.

    Avec nos enfants, je pense qu’on a un bon équilibre. Enfin, ça c’est moi qui le pense. Ils sont un peu trop couvés par rapport à d’autres mais si par exemple T-Biscuit demandait plus de libertés, on lui accorderait peut-être. Il n’en demande pas plus parce que lui a besoin de se sentir sécurisé, comme Chupa d’ailleurs.

  8. Mon fiancé et moi avons reçu le même genre d’éducation: cadrée, mais avec des libertés quand même. Le tout étant de respecter certaines règles. Moi aussi je donne un cadre aux filles, en semaine les horaires sont les horaires. Bine sûr on se permet de chambouler tout ça parfois, et surtout en vacances. Je pense aussi que cela rassure les enfants….et de toute façon pour l’instant elles ne se plaignent de rien!

  9. On est aujourd’hui ce qu’on a construit hier !! avec nos doutes, nos choix, nos peurs…
    C’est de la que viennent nos différences, nos attentes !

    Moi j’ai été sur-cadrée, surprotégée au point ou on attendait de moi rien de plus que ce qu’on me disait de faire. Et bien un jour, j’ai pris mes clics et mes clacs et j’ai fais ma vie ailleurs, à ma façon 🙂

    Tout comme toi, passer trop de temps avec ma famille me ramène a ce que j’étais avant et me donne l’impression d’avoir 10 ans. Mais c’est faux !! regarde ce que tu es, ce que tu as construit !

  10. Elevée par ma maman en solo, elle était svt absente, très ( trop!?) investie ds son job et sa vie de femme.. l’impact que ça a eu sur moi ? J’ai arrêté de travailler quand Choupette est née pour passer du temps avec elle, tout mon temps avec elle ayant souffert d’une maman absente. Côté éducation, elle a été ce qu’il fallait, ni trop, ni trop peu. Quant à l’éducation que je donne à Choupette aujourd’hui, elle est en adéquation avec ce que je suis, des valeurs, des principes, parce que dire non à un enfant le structure et l’aide à grandir, mais aussi des moments de joie, de folie, de partage et puis c’est bien connu, les règles c’est fait pour être transgressé, comme disait l’autre… Bref, une éducation Imparfaite , comme moi 😉

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