« Mais Marie, ça c’est pas pour Petit Colis, c’est pour les filles! »

Elle a vu mes gros yeux et elle a ajouté: « Oui, bon,je sais. »

Elle sait ce que je ne cesse de répéter. Il n’y a pas de jouets de filles, pas de couleurs de garçons, pas de domaines réservés, pas de limites à respecter.

Mais ça leur échappe parce que bien sur, il y a la société et les cadres dans lesquels il faut entrer.
Et comme me dit Papam, c’est aussi pour eux, une identité qu’on leur a donné. Tu es garçon ou tu es fille à un âge ou ils ont sans cesse besoin de se repérer. Et c’est à nous de leur montrer que là n’est pas le plus important.

J’aimerais qu’ils sachent que nous, on s’en fout. Je ne veux pas qu’ils puissent se limiter, s’empêcher, se forcer parce que ce n’est pas ça la vie.

Alors je fais les gros yeux, je reprends les gens et je me fâche souvent…

Et parfois j’ai des conversations qui me laissent sans voix:

« La marraine de Petit Colis va lui offrir une poupée et une poussette pour Noël donc ne prend pas cela.
-Ça ne risque pas! C’est une originale celle-là!
-Mais pourquoi?
-Voyons, on n’offre pas une poupée à un garçon! »

Avec ma grand-mère, il y a encore du chemin à faire….