Il y a des périodes ou j’ai plein d’idées.
 Les mots sont ici, là, partout.
Je me dis: « tiens, je pourrais écrire sur ça, sur ça et tiens, sur ça aussi! ».
Mes mots, on ne peut plus les arrêter.
Et puis d’autres ou je me sens toute vide.
J’ai beau chercher, réfléchir et essayer, impossible de les trouver.
Je peine à écrire quelques mots et je me mets à penser:  » Mais en  fait, ça sert à quoi tout ça? On est combien ici et là à raconter notre vie? Pourquoi mes mots à moi seraient-ils mieux, plus intéressants? Et puis, je n’ai rien de joli à montrer pour compenser… »
Cela devient un exercice que je juge inutile, plat, égocentré et j’efface.
Mais ils me manquent mes mots, je les attends, je les guette, je me languis…
Un jour, ils finissent par revenir, souvent à la tombée de la nuit.
 Ils se forment doucement, ils s’assemblent et deviennent dociles. Et parfois même, jolis.
C’est à ce moment là que j’essaie de les attraper, les capturer et me les approprier pour ne plus les laisser s’en aller.
Jusqu’à la prochaine fois…

( Crédit photo: Papam )