Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit, bien trop longtemps.
Cela ne m’était jamais arrivé je crois.

Il faut que je vous dise, que je n’en ressens plus l’envie.
C’est venu un peu comme ça et cela m’ennuie.

Ce n’est pas les idées qui me manquent.
Des billets, j’en rédige dans ma tête presque tous les jours.
Je ne compte plus les fois où je me dis:
« Tiens ça, je devrais en parler ! »,
où je note une phrase pour être sûre de ne pas oublier.
Et puis, cela reste ainsi.

Je ne sais pas si c’est que je suis essoufflée de ces plus de trois années à venir se raconter.
Je ne sais pas si c’est une période.
Je ne sais pas si cela reviendra.

Depuis la naissance de Lavande, j’ai moins de temps.
Le temps que j’ai, j’ai souvent du mal à me résoudre à l’employer pour venir écrire par ici.

Parce qu’il y a la vie, les projets, le travail où, un jour, il faudra retourner, quelques soucis de santé qui m’épuisent …
Le temps que je prends ici est au détriment d’un peu tout cela à la fois.

Parce qu’il y a les questions que je me pose sur l’utilité de tout cela,
le narcissisme de l’exercice et l’exposition nos vies.
L’anonymat qui se craquèle parfois.

Je suis ennuyée je le reconnais de cet univers des blogs et de ce que cela représente aujourd’hui.
Faire de l’audience, se justifier sur ses pratiques,
écrire un meilleur article que son voisin sur le même sujet, chercher à faire rire à tout prix.

Il est de plus en plus rare que l’on me touche vraiment, que des mots me bouleversent.
C’est moi où tout tend un peu à s’uniformiser ?
Au-delà des personnes que j’aime suivre au quotidien, je n’ai plus vraiment de curiosité.

Je suis peut-être un peu lassée.

Je n’ai jamais cherché la gloire, j’ai quasi-systématiquement refusé les sponsos, collabs’, évènements. Parfois par timidité, d’autres par refus de ce système qui me donne un peu l’impression d’être utilisée.
Je n’ai donc aucun engagement, aucune pression de ce côté-là.
La pression, c’est peut-être moi qui me la mets, je ne sais pas.

Je n’ai jamais rien prévu avec le blog, c’est une idée partie de rien,
juste de l’envie de témoigner sur la « beau-parentalité ».
Sur la famille que j’ai et que je trouve si peu représentée dans la société.

Si on m’avait dit, j’aurais sûrement ri.
Ce blog, m’a tellement enrichie.

J’ai eu la chance, grâce à lui, de rencontrer de jolies personnes.
Souvent pas vraiment en vrai et parfois si.

J’ai reçu des tas de mails qui m’ont toujours tellement touchée.
Des confidences qui parfois m’ont faites pleurer.

J’ai eu la chance d’être publiée, relayée: Hello coton, l’express styles, huffington, marie france,
des blogs de parentalité et des de blogs de copines….
Cela m’a à chaque fois gonflée de fierté.

J’ai eu l’impression d’être comprise, de ne plus être seule et d’aider aussi.
J’ai eu le sentiment que ce sujet pouvait intéresser, que l’on existait.
Face à certaines situations, je me suis sentie forte, comme accompagnée de tous ces petits pseudos et de vos gentils mots.

J’ai eu la chance de ne jamais être victime de personnes mal intentionnées,
de ne jamais avoir à modérer et d’être toujours entourée de bienveillance.
Cela semble un peu naïf mais c’est la vérité.

Alors on en est là.

Je n’ai pas envie de laisser cet espace dépérir.
Je ne veux pas écrire un article tous les six mois pour sauver les apparences.
Je n’aime pas faire semblant, je ne veux pas me forcer.

Je ne souhaite pas non plus prendre de décision hâtive que je pourrais regretter.
Je vais me laisser quelques semaines, peut-être quelques mois.
Mais je voulais que vous le sachiez au cas où je ne reviendrais pas.
Au cas où un jour, cet espace ne soit plus là.

Ces mots, je les ai maintes fois pensés sans avoir la force de venir les rédiger.
C’est difficile de tirer un trait, de dire au-revoir à un projet.

Je ne souhaite pas faire d’adieux dramatiques en espérant un rappel de la foule.
Je tenais juste à expliquer les raisons de mon absence par ici.

Je souhaitais aussi dire merci.

Je vous embrasse.