Durant quatre années, je n’ai pas souhaité voir l’EX-la-maman-des-enfants.
D’abord, je ne m’en sentais pas prête puis le temps avait passé et que je n’en voyais plus l’utilité. Nous entretenons aujourd’hui une relation cordiale, nous croisant et nous saluant lorsque l’occasion se présente. Discutant de temps à autre concernant les enfants lorsque cela est nécessaire.

Elle n’a jamais exigé de me rencontrer (ce que j’aurais fait je pense en tant que maman-légèrement angoissée) mais a toujours souhaité visiter les endroits où nous vivions et la chambre des enfants.

À la rentrée, lorsque les enfants ont déménagés, c’est tout naturellement qu’elle nous a proposé de venir visiter leur nouvelle maison.
Jusque-là, je n’avais jamais vu l’endroit ou ils vivaient, me contentant de descriptions détaillées sur leur chambre et les jeux qui s’y trouvaient.

Samedi dernier, nous avons donc pris la route vers la maison des enfants pour un déjeuner avec L’EX-la-maman-des-enfants et son compagnon.
À tous ceux étonnés qui m’ont demandé un peu inquiets si cela irait, j’ai répondu l’air un peu détaché que ce n’était qu’une formalité.
En vérité c’est un moment que je redoutais et je m’y suis longuement préparée.
Pour moi, c’était un saut de le grand bain, sans filet et surtout, tenir la distance sur un déjeuner.

Et même si je n’avais aucune envie d’y aller, je pensais très fort à la petite fille que j’étais.
Celle qui aurait rêvé de partager un tel moment avec ses parents et les voir tous réunis.

Alors j’ai mis un joli sourire sur mon visage et j’ai serré les enfants très fort lorsque nous sommes arrivés pour me donner du courage.
Nous avons visité leur grande et belle maison au milieu des effusions de joie.

Nous avons joués les visiteurs polis et un peu intimidés face à des enfants qui voulaient TOUT nous montrer.

Quelques banalités échangées au déjeuner, des sujets sensibles abordés et vite balayés pour éviter des conflits qui pourraient dégénérer.

Je sais que j’ai de la chance, beaucoup de chance parce que l’EX-la-maman-des-enfants est gentille avec moi et elle n’a jamais agit ou dit des choses visant à me blesser ou à me dévaloriser (en tout cas pas devant moi). Alors même si nous sommes très différentes et que je n’approuve pas toujours sa façon d’élever les enfants, je tente de laisser couler.

Le temps d’un déjeuner, leur montrer que nous en sommes capables.
Leur montrer que nous savons être unis pour eux.

Car il n’y a qu’une seule chose dont je veux qu’ils soient persuadés en grandissant, c’est à quel point ils sont aimés même si leurs parents sont séparés.

(Crédit photo : Papam . )