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Lorsque Papam m’a annoncé que les enfants partiraient vivre un peu plus loin à la rentrée, je me suis sentie très triste et peinée.

Ma réaction l’a d’autant plus surpris, que même si nous les verrons un peu moins, ils ne partent pas très loin et cela ne changera pas énormément de choses à notre quotidien.

Pourtant, pendant plusieurs jours, je me suis sentie profondément touchée par cette nouvelle, imaginant les pires scénarios.
La distance qui pèse, leur mère qui nous les amène de plus en plus rarement et les enfants qu’on perd de vue définitivement.

Alors que nous nous disputions avec Papam et que je lui exposais mes inquiétudes, il m’a dit « L’Ex-la-maman-des-enfants, n’est pas ta mère, les choses ne se sont jamais passées de la même manière et ne se passeront jamais ainsi ! « 

Sur le coup, je ne l’ai pas accepté, mais en y réfléchissant, je sais qu’il dit la vérité.
Mes peurs sont disproportionnées et guidées par mon enfance.

Un divorce compliqué, une mère fragilisée et un père qui renonce.
Un déménagement et des liens qui se distendent au fil du temps.

J’ai cette peur ancrée en moi.
Cette peur qu’elle nous les enlève, qu’ils ne nous aiment pas assez et que nous ne suffisions plus.
Ces peurs de petites filles qui résonnent qui m’amènent toujours à imaginer le pire.

Mon enfance, mon histoire, influence la personne que je suis aujourd’hui et la belle-mère que j’apprends à être au quotidien.
Elle m’aide comme elle me dessert. Elle me rappelle les joies, les souffrances, les non-dits, les coups bas et les conflits.
Elle me rappelle l’amour que l’on peut en tirer, si proche de la haine qu’on peut entretenir.
Reste de cette enfance quelques traces dont on ne se débarrasse jamais tout à fait.

Tout cela m’a appris une chose, c’est l’importance d’en parler.
Lorsque le dialogue est rompu, ce sont les enfants qui encaissent les coups.
Même si cela m’a parfois beaucoup coûté, je me suis promis qu’ils n’en feraient pas les frais.

Alors quand je l’ai croisée devant l’école, L’Ex-la-maman-des-enfants, je lui ai dit que j’avais peur, que j’avais beaucoup pleuré et je lui ai raconté.
Je suis sentie très vulnérable et un peu bête de m’être ainsi exposée.
Elle m’a écoutée et a proposé que nous allions déjeuner pour en parler.

J’ai réalisé que j’avais beaucoup de chance car dans la plupart des cas, les choses ne se passent pas comme ca.
Ce déjeuner va beaucoup me coûter mais j’espère qu’ensuite mes peurs pourront s’apaiser pour laisser place à la sérénité.

Et vous, ca vous arrive parfois que votre enfance rejaillisse sur l’adulte que vous êtes ?

(Crédit photo: Papam. )