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Ils arrivent, je devrais même dire ils « déboulent » dans notre quotidien.
Sans crier gare, avec leur bagages, leurs rires et leurs inquiétudes.
On a tout bien rangé.
Les draps sont changés et les étagères débarrassées pour abriter leurs affaires durant quelques jours, ou quelques semaines lorsque c’est l’été.

Passée la joie des retrouvailles, le quotidien refait surface et avec lui toutes nos habitudes qu’ils n’ont pas, qu’ils ne connaissent pas.
Dans une maison qui n’est pas souvent la leur, dans une famille dont ils ne partagent pas le quotidien mais dont ils font tout de même partie.

Ici on met le couvert, ici on s’habille seul.
Ici on sait se laver et s’habiller lorsque l’on a 5 ans.
Ici, même Petit Colis met la main à la pâte.
On a le droit de rater et de se tromper, pas celui de ne pas essayer.

Moi, je suis pour l’autonomie et Papam aussi.
Oui mais ils ne savent pas, ils ne font pas, habituellement, chez leur maman.

Alors, on tente de ne pas s’énerver.
Apprendre, expliquer et donner des responsabilités.
Parfois, j’ai envie d’hurler: « J’suis pas ta mère, débrouille-toi! ».
Mais ce serait trop facile et pas très délicat.
Accompagner, montrer, et féliciter.

Se heurter à des enfants qui vivent autrement.
C’est si difficile à accepter pour Papam alors que ce sont SES enfants.

Il y a les pleurs, les négociations, les refus à encaisser.
Ne pas perdre patience, ne pas céder.
Se sentir proche de craquer.
Leur expliquer.

Ici c’est différent les enfants, je sais.

Au bout de quelques jours, les voir y parvenir avec fierté. Ne presque plus avoir besoin de répéter.

Les tensions sont apaisées et chacun parvient enfin à en profiter.
Le temps que l’on gagne, c’est du temps pour vous, vous comprenez ?

Parce que les enfants, ce qu’on fait, ce n’est pas pour vous embêter.
Ce n’est pas pour le plaisir de répéter, crier, s’énerver et se disputer.
C’est juste parce que nous voulons vous voir en profiter puisque vous saurez vous débrouiller.

Voir les choses devenir si simples, si agréables.
Être tous ensemble enfin, pour finalement se dire au-revoir.

Ranger les valises, mettre les draps dans la machine et se dire à la prochaine fois.
Avoir le coeur lourd.

Et chaque fois, tout recommencer …

(Crédit photo : Papam)