Et chaque fois, tout recommencer …

Et chaque fois, tout recommencer …

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Ils arrivent, je devrais même dire ils « déboulent » dans notre quotidien.
Sans crier gare, avec leur bagages, leurs rires et leurs inquiétudes.
On a tout bien rangé.
Les draps sont changés et les étagères débarrassées pour abriter leurs affaires durant quelques jours, ou quelques semaines lorsque c’est l’été.

Passée la joie des retrouvailles, le quotidien refait surface et avec lui toutes nos habitudes qu’ils n’ont pas, qu’ils ne connaissent pas.
Dans une maison qui n’est pas souvent la leur, dans une famille dont ils ne partagent pas le quotidien mais dont ils font tout de même partie.

Ici on met le couvert, ici on s’habille seul.
Ici on sait se laver et s’habiller lorsque l’on a 5 ans.
Ici, même Petit Colis met la main à la pâte.
On a le droit de rater et de se tromper, pas celui de ne pas essayer.

Moi, je suis pour l’autonomie et Papam aussi.
Oui mais ils ne savent pas, ils ne font pas, habituellement, chez leur maman.

Alors, on tente de ne pas s’énerver.
Apprendre, expliquer et donner des responsabilités.
Parfois, j’ai envie d’hurler: « J’suis pas ta mère, débrouille-toi! ».
Mais ce serait trop facile et pas très délicat.
Accompagner, montrer, et féliciter.

Se heurter à des enfants qui vivent autrement.
C’est si difficile à accepter pour Papam alors que ce sont SES enfants.

Il y a les pleurs, les négociations, les refus à encaisser.
Ne pas perdre patience, ne pas céder.
Se sentir proche de craquer.
Leur expliquer.

Ici c’est différent les enfants, je sais.

Au bout de quelques jours, les voir y parvenir avec fierté. Ne presque plus avoir besoin de répéter.

Les tensions sont apaisées et chacun parvient enfin à en profiter.
Le temps que l’on gagne, c’est du temps pour vous, vous comprenez ?

Parce que les enfants, ce qu’on fait, ce n’est pas pour vous embêter.
Ce n’est pas pour le plaisir de répéter, crier, s’énerver et se disputer.
C’est juste parce que nous voulons vous voir en profiter puisque vous saurez vous débrouiller.

Voir les choses devenir si simples, si agréables.
Être tous ensemble enfin, pour finalement se dire au-revoir.

Ranger les valises, mettre les draps dans la machine et se dire à la prochaine fois.
Avoir le coeur lourd.

Et chaque fois, tout recommencer …

(Crédit photo : Papam)

32 commentaires

  1. Et oui c’est tout à fait ce que je ressens aussi quand les deux grandes de mon mari arrivent pour une semaine, ici on aide, on met la table… Expliquer que assister n’est pas aimer et rendre autonome est essentiel…
    C’est sur qu’on n’est pas leur mère et leur père pour se déculpabiliser en font trop parfois mais c’est bien dur à gérer de ne plus voir ses enfants… Voir insupportable!
    Alors on compose avec tout ça et on fait se qu’on peut et de notre mieux…

    • En effet, on fait de notre mieux et j’espère que c’est ce qu’il retiendront lorsqu’ils seront grands !
      Merci de ton petit mot ici !

  2. C’est un sentiment que je connais si bien, mon avions avec Mr Papa à cause de moi sûrement une façon très différente de vivre par rapport à ce qu’elles connaissaient chez leur maman. Certains week end tournaient même à l’horreur à cause de ça.
    J’avais fini par faire un joli tableau des règles de la maison et de ce qu’elles devaient faire.

      • Heureusement, en grandissant, ils parviennent plus facilement à s’adapter aux différentes façons de faire mais c’est loin d’être toujours évident !

  3. J’en ai un qui pourtant vit avec nous depuis sa naissance, soit 11 ans, mais qui fait celui qui ne sait pas. Il ne sait pas où est rangé son bol, ni où sont les céréales, ni les bouteilles d’eau et toutes les choses qu’il ne sait soit-disant pas faire sont impressionnantes ! Il aime être assisté. Heureusement, il commence à comprendre l’importance d’aider, mais ça se fait difficilement.
    Avec Chupa et Chichi, pas de soucis.
    Parfois, je me demande comment des enfants élevés de la même façon peuvent être aussi différents.

    • Tu as raison, il y a également une part liée au caractère des enfants ! L’entrée au collège va peut-être le faire changer qui sait ?!

  4. On est donc toute dans le même cas. Moi, ce que je ne comprends pas, se sont leurs mères, celles qui les assistent en leur faisant croire que c’est une preuve d’amour…et nous qu’on est des belles-mères indignes!! Mais les belles filles voient bien que je fais pareil avec la petite dernière et ouvrent les yeux en grandissant…

  5. Je ne connais pas cette difficulté de votre quotidien, je ne peux qu’imaginer combien ça doit être complexe à gérer. Quelque chose me dit que vous vous en sortez haut la main, et je suis persuadée que cette pédagogie qui est la votre leur sera vraiment bénéfique 🙂

    J’ai vécu ça dans une moindre mesure, ce n’est pas forcément comparable, mais en gardant des enfants chez moi il fallait aussi beaucoup jongler avec les « chez moi c’est pas comme chez papa et maman », et en particulier le lundi après le week-end, je devais tout reprendre à zéro. Mais c’est normal, il n’y a pas deux familles identiques 🙂

    • Si c’est tout à fait comparable puisque tu partages également un quotidien avec ces enfants. Chacun à sa manière de fonctionner et je sais que ce n’est pas toujours évident pour eux de s’y adapter.

  6. ah lala, ça c’est pas facile, même du côté « enfant » . Je me souviens, chez mon père il fallait mettre les mains sur la table et demander pour en descendre…pas chez ma mère, chez mon père on se levait super tôt…grass’mat’ chez ma mère, chez mon père on faisait la toilette avec un gant…douches chez ma mère. Bref, j’aimais pas le habitudes vieillottes chez mon père. Mais je m’y pliait…ou pas 😉

    • Je sais que pour eux ce n’est pas évident non plus, je l’ai vécu également en tant qu’enfant (et ça aide à mieux le comprendre heureusement) et d’ailleurs j’étais beaucoup moins facile qu’eux !
      Dur j’imagine lorsque les habitudes changent tant !

  7. Oui c’est sur que ce n’est pas facile pour les enfants non plus, mais c’est calculer par les mères de faire les « mères cool »! après elles se plaignent que leurs filles ont des mycoses a 7 ans par ce qu’elles ne savent se laver correctement, ou qu’elles ont les dents pleines de caries.
    C’est pour cela qu’on a demandé la garde alternée, c’est mieux pour elles de voir leurs deux parents et de voir que leur mère n’a pas toujours raison… Même si elle dit que c’est chez nous qu’elles ne se lavaient pas… Le weekend.
    Enfin moi aussi j’ai eu des parents divorcés et je connais trop bien ces gueguerres débiles entre parents mais quand la mère ne comprends rien, ce n’est pas évident.
    Du coup, la grande de 12 ans veut rester tout le temps chez sa mère car là-bas, c’est « cool »! Et la petite de 9 ans, veut rester chez nous car il y a des règles et un cadre de vie et le même pour tout le monde. Ça dépend des enfants!

    • Je ne suis pas sûre que ce soit toujours calculé. Je pense que chacun fait comme il peut et malheureusement d’une famille a l’autre, on est rarement en accord …
      Ce n’est pas facile d’endosser le mauvais rôle mais un jour, ils sauront que tout a été fait pour qu’ils soient bien et c’est à cela, je pense qu’il faut s’accrocher ! Bon courage !

  8. oui tout recommencer….ici mon grand bonhomme n’a jamais fait le ménage et là ce week quand j’ai vu que le lit à 14ans) n’était pas fait et qu’il partait, j’ai quand même pété gentiment un plomb! faut pas déc…..

  9. Leur demander de participer c’est leur apprendre à vivre ! Les enfants qui pensent que tout leur est dû vont rencontrer bien des difficultés en devenant adultes !
    Chez nous lorsqu’on vivait en garde partagée c’était pareil. Après je pense que comme la maman des petits vivait toute seule avec eux, elle n’avait pas forcément envie de leur imposer des contraintes, pour bonifier au maximum les semaines…
    Du coup j’avais l’impression d’être méchante et je culpabilisais. Maintenant qu’ils sont à la maison Ca va mieux mais par moment la flemingite aiguë refait son apparition !

    • Pas facile d’endosser le mauvais rôle. Nous avons du mal parfois car nous les voyons peu et faire la police n’est pas toujours très agréable. Mais on les aime donc on continue ! Et ça me rassure de voir que je ne suis pas seule à vivre cela !

  10. Ah oui, j’imagine que ça ne doit pas être facile… Déjà avec ses enfants, qu’on voit tous les jours, il faut tellement répéter, expliquer…
    Ce n’est pas pareil, mais ça me fait penser à mon Grand. A la fin des vacances en général, il est cool, serviable, tout gentil. Et dès que l’école recommence le voilà à nouveau tout excité, énervé, il parle hyper fort… et je me dis aussi « à recommencer… »

  11. tellement pareil chez nous… Arrive le jeudi soir tu te dis « ça y est, c’est cool, ils y arrivent… » et tu vois le lendemain arriver en te demandant dans quel état tu vas les récupérer le dimanche soir…

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