Père, il l’était déjà deux fois tu sais et cela m’avait au départ, beaucoup contrariée.
Peur qu’il soit lassé par une paternité qu’il avait déjà suffisamment expérimentée.

Père, il l’était déjà deux fois c’est vrai, mais pas comme cela, pas pareil.
Un papa en concentré qui court après le temps et les moments à en profiter.

Quand « devoir » remplace souvent « pouvoir » et qu’il y a tant de contraintes qu’on peut difficilement laisser de place à la légèreté.
Se résoudre à être un père de certains moments et tout faire pour ne pas être trop absent.
Être parfois un peu distant, forcément, pour ne pas se retrouver le coeur broyé par ce vide qui ne peut être comblée.

Avec Petit Colis c’est différent.
Malgré un travail prenant, qui l’éloigne de lui souvent.
Il peut, enfin, être le papa du quotidien.

De lui, il connait les matins et les habitudes qui régissent sa petite vie.
Il vit aussi les soirs et le câlin qui serre avant l’histoire.
C’est un père différent, parfois un peu plus patient, souvent un peu plus présent.
C’est aussi un père plus exigeant et moins coulant.
Parce que forcément, ce petit garcon-là, il a un oeil sur lui plus souvent.

Ce père, moi je ne le connaissais pas, où je ne l’avais observé que de loin, forcément, je n’étais pas si concernée. Et toujours, en pointillé.

On a alors vite fait d’imaginer qu’il sera toujours comme cela et pas forcément le père que l’on espérait, présent et impliqué.
On a alors vite fait de juger une situation qui, lorsqu’on ne la vit pas, peut-être difficilement imaginée.

Et puis chaque jour, le (re)découvrir père.

Je ne crois pas que l’amour qu’il porte  à ses enfants soit plus ou moins grand, il est juste différent.
Là où certains sont juste une version de papa, lui, suit différentes voies.
Avec des embûches souvent mais aussi beaucoup de talent.
Et de l’amour évidemment.