Paroles de beaux-parents : Sacha .

Paroles de beaux-parents : Sacha .

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Quand Caroline m’a contactée pour participer à la rubrique, cela m’a fait très plaisir car je la suivais régulièrement sur son blog et qu’elle fait partie de ces personnes qu’on ne connait pas dans la vraie vie mais qu’on apprécie pour leur gentillesse et leur sincérité.
Lorsque j’ai lu le témoignage de son amoureuse j’ai été très émue de ce bonheur qui vous lie tous. Merci Sacha de t’être livrée ici pour nous.
Je vous souhaite énormément de bonheur.

Tu te présentes ?
Je m’appelle Sacha, j’ai 36 ans, poitevine de naissance, limougeaude d’adoption, je suis professeur de Mathématiques en lycée professionnel.

Et ta famille ? 
Il y a ma chérie, celle qui sera bientôt ma femme, et ses deux crapules une poussinette de presque 5 ans et un petit crapaud de 3 ans qui vivent avec nous.
On a composé notre famille jusqu’à nos compagnons à 4 pattes, Garfield partage dorénavant les caresses avec Chouchou le chien de ma chérie.

Tu nous montres une photo qui vous représente, je te laisse choisir sa légende :

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Nous ! et les rires des enfants pour faire cette photo.

 

Ta première rencontre avec ton amoureuse c’était comment ? Tu as tout de suite su pour ses enfants ?
Banalement, nous nous sommes rencontrées sur notre lieu de travail au lycée, le jour de la rentrée. Elle débarquait dans l’établissement et dans ma vie.
Je suis tombée éperdument amoureuse au premier regard, dans la seconde suivante j’apprenais qu’elle avait deux enfants.

La douche froide.

Il m’a fallu neuf mois à la regarder vivre, j’ai passé des heures à m’interroger sur ce que j’étais capable d’envisager avec elle pour enfin faire le premier pas, que je me risque à lui prendre la main et lui voler un baiser.

Je ne savais pas si elle voudrait de moi, je ne savais pas si j’avais les épaules assez solides pour endosser le terrible rôle de belle mère, je savais juste que j’étais amoureuse de la prof, de la passionnée, de la femme mais aussi de la mère qu’elle était, suffisamment amoureuse d’elle pour être prête à tout tenter à ses côtés.

Elle ne m’a pas rembarrée, elle m’a même rendu mon baiser.
Quinze jours après je rencontrais les crapules, nous nous sommes plus quittés depuis.
Je suis passée d’une vie de célibataire avec mon chat, au tourbillon de la vie de famille.

 

Et ton entourage, ça se passe comment ?
J’ai annoncé à ma famille que j’avais rencontré la femme de la vie, très rapidement, à l’occasion d’un week end chez mes parents.
Le samedi matin ma maman est venue me rejoindre sur mon lit pour m’interroger, je lui ai expliqué
qu’en plus d’une amoureuse extraordinaire il y avait aussi deux crapules dans le lot.
Elle a manqué de m’étouffer en me serrant contre elle en pleurant, de joie.
Elle était ravie d’augmenter son équipe de petits enfants.

Je n’ai jamais été aussi fière que le jour ou je suis arrivée dans ma maison d’enfance en tenant la main de mon amoureuse avec les crapules. Nous sommes vraiment devenus une famille et eux multiplient l’amour en augmentant leur collection de grands parents.

 

Tu nous parles de la poussinette et du crapaud
Ils sont aussi différents de caractère que semblables physiquement.

Une grande fille tendre et câline, plutôt renfermée, dégourdie et toujours prête à aider.
Très intelligente, curieuse et réfléchie, avec une mémoire phénoménale, c’est passionnant de l’accompagner sur le chemin de la vie.
Je suis admirative de ce qu’elle est et fait du haut de ses 4 ans et demi.

Un crapaud aussi espiègle que charmeur, petit clown qui sourit à la vie en permanence.
Un petit garçon qui respire la joie de vivre il est toujours en mouvement et régulièrement avec un ballon à la main.
C’est un soleil et je découvre grâce à lui qu’il est beau le monde quand on le regarde avec les yeux d’un enfant de 3 ans.

Il y en chacun d’eux, le meilleur de la femme que j’aime.

Une anecdote, un bon souvenir :
Il y a peu de temps je rentrais de l’école à pied avec la poussinette qui s’arrête pour lire une affiche comme elle fait souvent.
Une dame assez âgée nous regarde avec bienveillance l’écoutant lire et nous dit : « tu lis très bien jeune fille. » Et en me regardant : « elle est belle votre fille, comme elle vous ressemble. »

J’ai voulu la corriger mais une petite main m’a tiré vers elle pour me chuchoter à l’oreille : « chut on dit rien, moi j’aime bien quand on croit que tu es ma maman. »

J’aurai peut-être du la reprendre mais le petit sourire coquin et le battement que mon cœur a loupé en entendant cette petite fille de 4 ans et demi me dire ça m’ont fait oublier quelques règles.

Vos mots à vous pour parler de tout ça ?
Pour eux je suis Chacha, petit nom affectif ou mode du moment à l’école de donner des surnoms je ne sais pas, nous ne leur avons jamais posé la question.
C’est leurs mots, leur façon de m’intégrer à leur quotidien.
Quand ils parlent de moi à leurs copains ou à leurs maitresses je suis l’amoureuse de leur maman.

J’ai tendance moi à reprendre les surnoms que leur maman leur donne.
Sans m’en apercevoir j’utilise beaucoup le possessif c’est ma poussinette, mon crapaud quand je suis avec eux. Pour les présenter à l’extérieur c’est les petits cœurs de mon amoureuse.
Je n’utilise jamais beaux-enfants que je n’aime pas.

 

Quand vous êtes tous ensembles, ça se passe comment ? Ca change quoi ?
Dans notre situation c’est plutôt quand ils ne sont pas avec nous que la vie change.
Ils vont chez leur papa un dimanche sur deux une dizaine d’heures, et deux trois jours pendant les vacances.
La première fois qu’ils sont partis 3 jours, j’ai eu les larmes aux yeux.

Au quotidien, ils ont changé ma vie, fini les pizzas ou les sushis livrés à 21h30, les départs sur un coup de tête, les dimanches en décalés !
Je découvre la vie de famille et ce que ça implique, l’organisation pour tout, l’anticipation. J’apprends aussi la peur qu’il leur arrive quelque chose, la fierté de les voir progresser et apprendre.
Tout se passe bien, nous nous sommes crées notre cocon.

 

Ce que ça t’apprend et t’apporte au quotidien ?
Un amour XXL moi qui ne pensait pas avoir d’enfants un jour, je me découvre très maternelle.
C’est un bonheur de partager le quotidien de ces deux petites personnes.
J’ai appris à donner un sens différent au mot amour.

 

Ton truc/conseil de belle-mère
Ne forcer personne, ni le parent à nous présenter les enfants, ni les enfants à venir vers nous. Laisser le temps à chacun de prendre ses marques et ne pas se forcer soi-même à être ce que nous ne sommes pas.
Etre à l’écoute des besoins des enfants, comme du parent pour qui aussi la situation peut être difficile à appréhender malgré l’amour.

Pour nous, la situation aussi bizarre que ça puisse paraitre est plus simple.
Mon amoureuse est séparée depuis très longtemps du papa des enfants.
Ceux-ci n’ont pas de souvenir du couple parental, et je ne suis pas un homme qui vient prendre la place de leur papa.
Il n’y a pas de conflit d’intérêt pour eux, même inconscient.

 

Ton rôle de Belle-mère. Ce qui est le plus difficile ?
Réussir à garder « ma place » auprès d’eux, veiller à ne pas être ni trop ni pas assez présente.
On compose un équilibre à chaque instant.

Nous n’avons pas suivi le chemin plus classique avec mon amoureuse.
Il m’arrive encore d’avoir des réflexes de célibataire, comme rêver d’entrainer mia ciara dans une soirée à rallonge ou de partir en week end à l’autre bout de la France sur un coup de tête.
C’est un peu plus compliqué avec deux crapules…

C’est malgré tout bien peu de contraintes en comparaison de tout l’amour que je reçois.

 

Et la maman des enfants dans tout ça ?
Leur maman c’est le pilier de notre famille, celle sans qui rien ne serai possible, celle qui donne le sens au mot famille.
Elle est celle qui m’a laissé trouver mes marques dans une vie de famille que je ne connaissais pas. Elle est celle qui m’a fait confiance pour que j’ai un rôle dans leur vie et de me donner de la place aux côtés des enfants.
Elle est celle qui me soutient quand je fais les gros yeux à une des crapules ou qui rit aux éclats quand ils parlent de chose dont je n’ai jamais entendu parler (pardon aux Kids United) et que je fais une drôle de tête.

Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour et de confiance de la part d’une maman louve qui vie un trio très fusionnel avec ses enfants.

 

Un souhait pour votre avenir à tous ?
Si j’avais une baguette magique, je crois que je m’assurerai que rien ne change dans notre vie. J’aime ce que nous vivons actuellement, mon vœu le plus cher c’est de préserver notre équilibre.

 

Tu voudrais que les enfants se souviennent de quoi dans 20 ans ?
Des rires, des câlins, des parties d’échecs que je partage avec la poussinette, des matchs de baskets avec le crapaud, j’aimerai qu’ils se souviennent qu’ils ont grandi entouré d’amour et de bienveillance dans un cadre sécurisant. Qu’ils continuent à utiliser le mot famille pour parler de votre tribu.

Si dans 20 ans je les entends dire qu’ils ont eux une enfance heureuse je serai surement aussi fière que leurs parents et ce sera la preuve que chacun aura fait au mieux dans notre diversité.

 

Et eux ils nous dessineraient leur famille ?

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Un des premiers dessins que les enfants m’ont offert. Je l’ai gardé précieusement, c’est le plus beau cadeau qu’ils pouvaient me faire. Il trône maintenant à la place de choix sur mon bureau.

 

 

J’ai oublié un truc important ? Une dernière chose à ajouter ?

 C’est moi la maman des deux crapules qui ai sollicité Marie pour que ma moitié nous donne sa vision de ce rôle de belle mère.

Il a quelques jours ma douce a géré bien au delà de ce que ce que je pensais possible après un accident arrivé à la grande dans la cour de l’école. Je la remerciai de ce qu’elle avait fait pour eux et de son implication. Chose que moi je n’estimais pas obligatoire et elle a eu une réponse à me faire pleurer : « c’est normal Je suis tombée amoureuse de toi en sachant que tu avais deux enfants, je les ai aimé aussi fort que possible dès que je les ai connu. Nous sommes une famille et si tu le veux bien alors je les élèverai comme si c’était les miens. J’aime leur faire découvrir les musiques de mon enfance, lire les livres qui m’ont marqué, les voir courir en se tenant la main là où j’ai couru avec mes frères. Mais les élever c’est aussi gérer les cauchemars, les catastrophes et les mauvais moments. Et le jour ou j’entendrai le traditionnel : tu n’es pas ma mère ; je les aimerai et les protègerai toujours autant. »

Lui donner la parole c’est une façon de la remercier d’avoir réussi à se glisser avec autant de facilité dans notre trio et de faire qu’on forme maintenant un si beau quatuor. Elle fait de nous par sa présence des gens heureux, surement meilleurs et la plus belle des familles.

La place de belle mère est surement la plus difficile à avoir dans une famille et pourtant elle est devenue avec aisance la Chacha des enfants, un petit nom qu’ils prononcent avec autant d’amour que papa ou maman. Et pour ça je voudrais lui dire un immense MERCI.

Merci beaucoup à toi Sacha.

(Si vous souhaitez témoigner, n’hésitez pas à me contacter via le formulaire de contact.)

 

5 commentaires

  1. Une magnifique histoire avec tellement tellement d’amour ! On a envie de rencontrer toute cette famille ca fait rêver ! Ca redonne foi en l’humanité et en la beauté du monde et par les temps qui courent ce n’est pas de refus…
    Merci Marie, merci Sacha !

  2. Bon ok j’ai pleuré comme une madeleine.
    Les mots sont tendres, doux & sincères. Ca donne juste du baume au coeur. Et comme le dit Chloé, on aimerait les croiser au détour d’une balade et les observer être juste heureux tous ensemble ♥
    Merci Sacha pour la dose d’arc-en-ciel, licorne, coeur avec les doigt, toussa toussa =)

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