Sa maladie, c’est la tristesse.

Sa maladie, c’est la tristesse.

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« Marie, c’est quoi sa maladie à ta maman ? »

Sa maladie, c’est la tristesse.
Pas un petit souci qui te contrarie, pas un petit chagrin de rien, une grande tristesse qui ne s’arrête jamais.
On ne sait pas pourquoi, mais elle est là.
Elle te donne envie de rester allongé, de te cacher et de pleurer. Elle t’empêche de te lever et d’aller t’amuser. C’est une tristesse qui te terrasse et qui te broie.

« Mais elle a toujours été comme ça ? »

Parfois, tu sais, la tristesse s’en va.
Elle laisse place à la joie, une très grande joie.
Elle a envie de s’amuser, de danser et d’en profiter. Rattraper toutes ces heures qu’elle a passé à se reposer. Alors, elle ne s’arrête jamais. Elle achète des tas d’habits, se trouve un nouvel amoureux et s’en va pendant quelques mois.
Parfois, elle fait même un peu n’importe quoi.

« Et après, si elle fait des bêtises, il se passe quoi ? « 

Après, la tristesse finit par la rattraper.
Les médecins essaient de la soigner. Parfois, elle part de reposer, quelques semaines ou quelques mois. Quelquefois, elle se rétablit et durant une année elle a un peu de répit.
Mais on sait que la maladie reste là, cachée.

« Je ne comprends pas, c’est une maladie juste dans la tête? « 

Tu sais, c’est compliqué. La maladie de ma maman, ce n’est pas une maladie qui est bien acceptée. Beaucoup de gens pensent qu’il suffit d’un peu de volonté et qu’il est facile de s’en relever.
Moi même, j’ai souvent eu envie de lui dire d’arrêter de s’écouter. Je me suis souvent fâchée.
Cette maladie-là ne se voit pas, on n’en meurt pas, alors bien des gens ont du mal à la considérer. Ce n’est pas facile à comprendre et à expliquer. Ce n’est pas facile non plus d’apprendre à l’accepter et à le supporter.
Pourquoi on peut ressentir tant de tristesse quand la vie t’a tant donné ?
Le plus important, c’est de ne pas juger et de profiter des moments où elle parvient à s’en libérer.

La maladie de ma maman c’est la tristesse, on ne pourra jamais la chasser.

Et ce n’est malheureusement pas facile de trouver les mots justes pour l’expliquer.

(Crédit photo: Papam.)

34 commentaires

  1. c’est dur oui, c’est tellement dur d’expliquer une maladie qu’on n’a soi-même du mal à comprendre. Il faut peut-etre juste accepter et soutenir tant que possible…. Quel joli post, merci

  2. Très ému de te lire, je te comprends cela n’est pas facile a vivre au quotidien, prends les bons moments car malheureusement ta maman n’y peux rien c’est complexe comme maladie!
    Je te dit courrage et ne reste pas seule , parle,parle comme te le fait si bien.

    • J’ai mis du temps à le comprendre mais en effet, elle ne fait que le subir. Merci beaucoup, je suis bien entourée heureusement.

  3. Quel beau billet, tout en finesse, en pudeur, en image. Ma maman a longtemps souffert de la même maladie, je lui en ai beaucoup voulu, je lui en veux toujours, même si elle n’a plus mal. Bisous

  4. tes mots me touchent… mon papa est cyclothimique depuis 25 ans… cela lui a coûté son mariage, ses enfants, mon adolescence… pas facile de comprendre et d’accepter. Depuis il est dans une phase basse, de « tristesse », depuis bien 10 ans. Il n’est pas bien dans sa peau, mais pour son entourage c’est ce qui est encore le plus « vivable ». Bref…
    Oui, pas facile…

  5. Très émouvant et très touchant. La mère d’une de mes amies est atteinte d’un cancer. Leurs journées sont des successions de chimio. Mais ensemble, ils ont réussi l’affronter.

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